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samedi, février 14, 2026

Moto-Taxi Drivers Rush For Fast-Track Permit Course

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Brazzaville prend des mesures pour protéger les conducteurs et les passagers

Les moteurs vrombissaient mais les casques restaient au repos alors que près d’une centaine de conducteurs de moto-taxis se rassemblaient dans la cour d’une école publique du district de Talangaï le 21 octobre. La Direction Générale des Transports Terrestres (DGTT) les avait convoqués pour lancer une campagne de sécurité sans précédent.

Partenariat approuvé par le gouvernement avec SAFE

Le programme de deux semaines est dispensé par Service Automoto Formation Enseignement, mieux connu sous le nom de SAFE, une académie privée autorisée par la DGTT. Les responsables soulignent que cette collaboration renforce la politique nationale favorisant les solutions public-privé qui élèvent les standards professionnels tout en maintenant des coûts de formation accessibles pour les travailleurs informels.

Un programme condensé adapté aux emplois du temps des conducteurs

La formation classique des conducteurs au Congo dure quatre mois et demi, un calendrier impossible pour les conducteurs qui gagnent leur revenu quotidien en se faufilant dans la circulation. « Nous avons construit un programme compressé qui respecte leur réalité », a expliqué un expert judiciaire et formateur principal, tout en ajustant un gilet fluorescent.

Sept modules ciblent les facteurs fréquents d’accidents

Des sessions de deux heures combinent des exposés en classe et des exercices interactifs. Le contenu va du Code de la route et des règles de priorité à la gestion de la vitesse, la sensibilisation à l’alcool, les équipements de protection individuelle et la gestion de l’activité. Les risques liés à la météo, critiques pendant les pluies saisonnières de Brazzaville, reçoivent une attention particulière, a ajouté le formateur.

Une semaine pratique pour tester les connaissances sur l’asphalte

Après sept jours de théorie, le groupe prendra la route sur des circuits balisés et des avenues fréquentées sous la supervision d’instructeurs. Les organisateurs s’attendent à ce que cette partie sur le terrain révèle des habitudes difficiles à perdre – changements de voie brusques, sièges surchargés – mais aussi à mettre en lumière des progrès rapides dans la vérification des rétroviseurs et la signalisation manuelle.

Les chiffres de la sécurité routière soulignent l’urgence

Ni la DGTT ni la police ne publient de données désagrégées sur les victimes parmi les moto-taxis, mais les responsables reconnaissent que les deux-roues sont surreprésentés dans les accidents urbains. Les hôpitaux municipaux traitent fréquemment des traumatismes crâniens liés au non-port du casque. La formation vise à inverser cette tendance avant le pic de trafic des fêtes en décembre.

Une voie vers la licence formelle

À l’issue de la formation, les conducteurs recevront des certificats les qualifiant pour l’examen de la licence Catégorie 1 prévu par la DGTT plus tard dans l’année. La réussite à cet examen accorderait une reconnaissance légale et potentiellement de meilleures conditions d’assurance, répondant aux litiges récurrents avec la police routière aux points de contrôle.

Les enjeux économiques pour un secteur informel

Le transport en moto-taxi, communément appelé « Wewa », s’est développé comme une option de mobilité abordable pour les résidents et un générateur d’emplois pour les jeunes. La formalisation de cette activité pourrait améliorer les revenus grâce à des tarifs prévisibles et l’accès au micro-crédit pour la mise à niveau des véhicules, argumentent les formateurs, sans pour autant compromettre les moyens de subsistance existants.

Les participants partagent un optimisme prudent

Un conducteur de 28 ans, utilisant une moto de marque chinoise achetée à crédit, a déclaré : « Je perds une heure par jour à négocier avec la police au sujet des papiers. Si ce cours me permet d’obtenir un permis plus rapidement, je pourrai me concentrer sur les clients, pas sur les amendes. »

Les instructeurs allient rigueur et empathie

Les formateurs de SAFE alternent des diapositives sur le code de la route avec des images réelles d’accidents filmés à Brazzaville. Ces images graphiques suscitent un silence gêné, puis un débat animé. « Le choc peut éduquer, mais nous terminons en démontrant des manœuvres sûres pour que les conducteurs repartent responsabilisés, et non paralysés », a observé une instructrice.

Le soutien institutionnel reste constant

Le directeur de la formation de la DGTT a déclaré que cette initiative s’inscrit dans la vision plus large du Président Denis Sassou Nguesso pour la modernisation des infrastructures et le développement du capital humain. Il a évoqué de futures sessions à Pointe-Noire et dans les capitales départementales si ce projet pilote entraîne une réduction mesurable des infractions.

Les défis de l’ampleur et de l’application

La population des moto-taxis au Congo est estimée informellement à plusieurs dizaines de milliers. La reproduction du modèle nécessitera plus de formateurs, des lieux adaptés et une coordination policière soutenue. Le responsable voit néanmoins une dynamique précoce : « Nous avons commencé modestement pour prouver le concept ; la demande des conducteurs dépasse déjà le nombre de places. »

Des outils numériques à l’horizon

SAFE teste une application smartphone qui interrogerait les conducteurs sur les panneaux de signalisation et géolocaliserait le centre d’inspection le plus proche. Bien qu’en version bêta, cet outil pourrait réduire les files d’attente pour les formalités administratives et fournir aux autorités des données anonymisées sur les schémas de déplacement, contribuant à la planification du flux de trafic.

Les femmes envisagent de nouvelles opportunités

Seules trois femmes se sont inscrites pour la première promotion, mais le formateur principal estime qu’une sensibilisation ciblée pourrait en attirer davantage. « Les conductrices offrent une sécurité supplémentaire pour certains passagers », a-t-il noté, citant des enquêtes où les femmes se disent plus à l’aise de les engager pour les trajets du soir.

Des synergies avec les assureurs

Les assureurs locaux ont longtemps hésité à créer des produits sur mesure pour les moto-taxis, invoquant des ratios de sinistralité élevés. Un bassin de conducteurs certifiés ouvre la voie à des primes négociées. « La formation professionnelle est le maillon manquant », a déclaré un cadre d’une compagnie d’assurance, demandant l’anonymat jusqu’à la finalisation des tarifs.

Prochaine étape : la session d’examen de décembre

Les diplômés devront encore passer le test de la DGTT comprenant des questions à choix multiples et une conduite supervisée. Des examens blancs préliminaires montrent des scores encourageants supérieurs à 70%, selon le personnel de SAFE. Les candidats retenus pourraient recevoir leur permis laminé début 2025, bouclant ainsi la boucle de la formalisation.

Le plan progressif de sécurité routière du Congo

Alors que les grands projets de modernisation des infrastructures font les gros titres, les autorités présentent le cours pour moto-taxis comme la preuve que des interventions modestes et ciblées sauvent également des vies. « Un casque, un manuel et deux semaines d’engagement – c’est un progrès abordable », a remarqué le responsable de la DGTT avant de renvoyer la classe vers leurs motos.

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