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samedi, février 14, 2026

Patient Charter Nears Adoption in Congo Hospitals

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Un atelier met en lumière les droits émergents des patients

Sous un soleil ardent de fin novembre à Brazzaville, vingt professionnels de santé se sont réunis au siège du Centre africain pour la paix, l’éducation et le développement pour examiner un texte qui pourrait bientôt redéfinir la conversation dans la salle de traitement.

La session du 27 novembre 2025 a été convoquée pour expliquer le projet de Charte du patient et de l’usager des services de santé. L’exercice a été présenté comme un pont entre les soignants et le public.

« Une charte est comme une église sur la place du village, visible de tous », a-t-on déclaré, suscitant des signes d’approbation de la part des chirurgiens, infirmiers et employés d’assurance.

Pourquoi promouvoir un texte pas encore signé ?

La charte attend une signature exécutive depuis décembre 2024, reposant sur le bureau du gouvernement après six années de consultations avec des syndicats, des assureurs et des groupes de la société civile. Des partenaires financiers ont recommandé une sensibilisation précoce pour que les hôpitaux ne soient pas pris au dépourvu une fois le décret publié.

Le calendrier a été qualifié de pragmatique. « Si nous attendions la promulgation, nous perdrions notre élan et le calendrier des donateurs », a-t-on fait valoir, notant que l’Union européenne et l’OMS ont réservé des subventions modestes pour la diffusion.

Une telle popularisation avant signature reflète des pratiques observées au Ghana et au Rwanda, où des déclarations des droits des patients ont circulé des mois avant leur adoption formelle.

Un document concis aux ambitions larges

Le projet ne compte que 17 articles mais couvre la liberté de choix médical, la confidentialité, le consentement éclairé et la responsabilité partagée. Le chapitre premier énonce les principes généraux ; le chapitre deux liste les droits ; le chapitre trois précise les devoirs.

L’article 1 proclame que les patients peuvent choisir tout médecin dans les secteurs public ou privé, sous réserve de disponibilité et du régime d’assurance maladie universelle, la CAMU. L’article 15 rappelle aux usagers de respecter les heures de visite, la charge de travail du personnel et les posologies prescrites.

Des analystes juridiques présents à l’atelier ont indiqué que le texte tire son autorité de la Constitution du 25 octobre 2015 – qui déclare la santé comme un droit fondamental – et du code de déontologie médicale de mai 1988 qui guide encore les hôpitaux aujourd’hui.

Les médecins évaluent les bénéfices pour la pratique clinique

Un médecin supervisant les urgences à l’hôpital de Talangaï a salué la charte comme « une boussole de poche » pour les deux côtés du stéthoscope. « Elle n’abrogera pas les règles existantes ; elle les unira », a-t-il déclaré.

On estime qu’un langage explicite sur l’observance du traitement pourrait réduire les taux de réadmission liés aux sorties prématurées, un défi mis en lumière dans la revue annuelle 2023 du ministère de la Santé.

Une infirmière principale d’un hôpital de district a déclaré que des attentes claires pourraient aussi apaiser les conflits qui éclatent occasionnellement aux guichets de paiement lorsque les patients mécomprennent les limites de la couverture.

Des garanties légales déjà inscrites dans la loi

La loi fondamentale du Congo garantit un accès égal aux soins, mais son application repose souvent sur des circulaires internes des hôpitaux. En codifiant les droits dans un texte public unique, la charte pourrait améliorer la responsabilisation sans créer de nouveaux obstacles procéduraux, a observé une juriste.

Elle a établi des parallèles avec la loi française Kouchner de 2002, créditée d’avoir réduit les poursuites pour faute professionnelle grâce à une meilleure information. « La transparence est une médecine préventive pour les tribunaux », a-t-elle plaisanté.

Le ministère de la Justice, représenté à l’atelier, a exprimé son soutien à un document qui « clarifie plutôt qu’il ne complique » le paysage juridique existant.

Financer la sensibilisation au-delà de Brazzaville

Le budget pour une sensibilisation nationale s’élève à 35 millions de FCFA, suffisant pour des spots radio en lingala, kituba et français, plus des affiches dans 200 établissements de santé. Une sensibilisation supplémentaire dans les départements reculés de la Sangha et de la Likouala reposera sur des unités de cinéma mobile.

L’adhésion provinciale est importante car « un droit non lu est un droit non réalisé ». On s’attend à ce que les autorités sanitaires régionales sélectionnent des points focaux avant mars 2026.

Le Projet de renforcement du système de santé de la Banque mondiale, actif depuis 2021, a exprimé son intérêt à imprimer des dépliants si la charte correspond à ses indicateurs d’engagement citoyen.

Équilibrer l’autonomisation des patients et les limites des ressources

Certains cliniciens s’inquiètent discrètement que des attentes accrues puissent dépasser les approvisionnements. L’hôpital universitaire de Brazzaville connaît encore des ruptures de stock de médicaments, et les services d’urgence font face à des pénuries de lits pendant les pics de paludisme.

Un économiste de la santé a soutenu que les instruments de droits agissent souvent comme des leviers pour un financement supplémentaire. « Lorsque les normes sont explicites, les négociateurs budgétaires peuvent quantifier les écarts », a-t-il dit, citant l’expérience du Kenya après sa loi de 2013 sur les droits des patients.

Des responsables du ministère de la Santé ont souligné les investissements en cours dans le régime CAMU, qui couvrait 1,4 million de citoyens à mi-2025.

Contexte régional et implications de la CEMAC

Si elle est signée, le Congo rejoindrait le Cameroun et le Gabon en ayant une charte formelle des patients, facilitant potentiellement les références transfrontalières au sein de la CEMAC. Les compagnies d’assurance opérant régionalement accueillent favorablement des normes harmonisées qui simplifient les réclamations.

Une chercheuse en santé publique a noté que les populations mobiles le long de la frontière Congo-Gabon font souvent face à des retards administratifs dus à des formulaires de consentement divergents. « Un vocabulaire partagé des droits peut accélérer le triage », a-t-elle déclaré.

Le secrétariat de la CEMAC à Malabo a offert une assistance technique pour aligner les terminologies avec son futur Protocole de reconnaissance mutuelle des qualifications de santé.

Prochaines étapes vers la promulgation

Les participants ont quitté l’atelier avec un plan d’action de six semaines : intégrer les retours dans une version finale, la diffuser par l’intermédiaire des ministères de la Santé et des Affaires sociales, et demander une inscription à l’ordre du jour du cabinet avant la fin du premier trimestre.

Des sources gouvernementales familières avec le processus indiquent que la charte pourrait être adoptée par décret plutôt que par vote parlementaire, accélérant les délais tout en conservant la force légale. Des procédures similaires ont été suivies pour la Liste des médicaments essentiels de 2022.

Des réunions publiques se poursuivront à Pointe-Noire, Dolisie et Ouesso, cherchant ce qu’on appelle « l’appropriation du port à la forêt ».

Un optimisme prudent dans les couloirs des hôpitaux

Pour l’instant, la charte reste un texte en attente, mais ses principes imprègnent déjà les briefings du personnel et les entretiens d’orientation des patients.

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