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mercredi, février 4, 2026

Brazzaville Report Exposes Hidden Gender Violence Surge

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Une étude sur les violences sexistes suscite un débat à Brazzaville

Brazzaville — Une ONG congolaise a publié le 12 décembre sa première évaluation publique des violences basées sur le genre dans la capitale. Le rapport de 40 pages, compilé en novembre, dépeint un problème croissant qui est encore insuffisamment pris en compte par les statistiques officielles.

L’étude a été réalisée en collaboration avec la Police Judiciaire, quatre hôpitaux municipaux et le Programme National de Lutte contre les VBG, en interrogeant des agents, des cliniciens et 85 survivantes. Leur principale conclusion : les cas ont augmenté en 2025 par rapport à 2023-2024, mais les signalements ne reflètent pas la réalité.

De nouvelles données révèlent une crise silencieuse au Congo

De janvier à octobre 2025, l’équipe a enregistré 612 incidents, dont 125 viols et 57 cas de violences physiques graves. Environ deux tiers des plaintes provenaient des arrondissements du nord de Brazzaville, des zones durement touchées par les difficultés économiques post-pandémiques et la récente migration urbaine, indique le rapport.

Alors que les registres de police mentionnent 357 dossiers de VBG pour la même période, les registres hospitaliers listent 781 consultations liées à des violences conjugales. Cette divergence illustre l’invisibilité du phénomène et entrave les planificateurs qui surveillent l’indicateur 5.2 des Objectifs de Développement Durable sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Pourquoi le signalement reste si difficile

Les survivantes interrogées ont décrit plusieurs obstacles : la stigmatisation par les proches, la peur des représailles des partenaires, et les coûts liés aux certificats médicaux qui peuvent dépasser 10 000 FCFA. Dans plusieurs commissariats, les kits de preuve pour viols étaient épuisés en septembre, obligeant les infirmières à improviser et retardant les procédures judiciaires.

Les obstacles administratifs entravent également la collecte de données. Différents formulaires sont utilisés par les postes de santé, les bureaux des affaires sociales et les enquêteurs de police, sans interface électronique. « Nous écrivons parfois les mêmes faits trois fois », a déclaré une inspectrice, « et chaque feuille peut finir dans un tiroir séparé. »

La réponse institutionnelle prend de l’ampleur

Le Ministère de la Promotion de la Femme, soutenant le Programme National, affirme qu’une plateforme numérique unifiée est en cours de conception. Des tests pilotes, financés par l’initiative SWEDD II de la Banque Mondiale, devraient connecter les maternités et les commissariats de police à Brazzaville et à Pointe-Noire d’ici mi-2026.

Une directrice adjointe a indiqué qu’un projet de décret sur l’harmonisation des données a été validé par le cabinet du Premier ministre. « Des chiffres fiables guident une politique efficace », a-t-elle déclaré, ajoutant que le Président Denis Sassou N’Guesso a à plusieurs reprises donné pour instruction aux ministères de protéger les femmes et les adolescentes.

Les survivantes demandent une prise en charge holistique

À l’hôpital de Makélékélé, un psychologue note que le conseil post-traumatique reste sous-financé. Seuls deux thérapeutes couvrent cinq districts. « L’acte médical se termine, mais les cauchemars restent », a-t-il rappelé lors d’une table ronde, exhortant les donateurs à financer des centres communautaires où les survivantes peuvent reconstruire leur confiance.

L’ONG souligne que les kits de contraception d’urgence et de prophylaxie post-exposition sont parfois indisponibles, surtout lorsque les bateaux d’approvisionnement arrivent en retard de Pointe-Noire. L’ONG recommande une politique de stock tampon et des lignes budgétaires dédiées dans la Loi de Finances 2026 pour garantir un approvisionnement continu.

L’enquête numérique ouvre un nouveau chapitre

Pour élargir la base de preuves, l’organisation a lancé un questionnaire web anonyme le 10 décembre. En 48 heures, 1 400 résidents avaient répondu, dont deux tiers d’hommes. Les tendances préliminaires suggèrent une plus grande sensibilisation, car 78 % des répondants considèrent qu’une gifle à un partenaire est « inacceptable » contre 62 % en 2022.

Les données alimenteront le tableau de bord national une fois la plateforme du Ministère opérationnelle. Le crowdsourcing, combiné à des lignes d’assurance sécurisées, peut raccourcir les temps de réponse lorsque la violence se produit et aider la police à identifier les points chauds nécessitant des patrouilles supplémentaires ou un éclairage public.

Perspectives : la coordination est essentielle

Le rapport se termine par sept recommandations. La première est la création d’une cellule de coordination multi-agences présidée par le Premier ministre et incluant des délégués de la société civile. Les observateurs notent qu’un mécanisme similaire a accéléré le partage des données sur la COVID-19 en 2020 et pourrait reproduire ce succès pour les VBG.

Pour l’ONG, l’étude est « une ligne de départ plutôt qu’une ligne d’arrivée ». L’ONG s’engage à fournir des mises à jour trimestrielles et à mener des actions de sensibilisation dans les écoles, les marchés et les gares routières. Ses responsables estiment qu’avec des statistiques solides et une action conjointe, le Congo peut atteindre son objectif de l’Union Africaine de réduire de moitié les VBG d’ici 2030.

Une activiste de la société civile et avocate applaudit la position de soutien du gouvernement mais met en garde contre les contraintes de ressources. « Adopter des décrets est plus facile que de payer les conseillers », a-t-elle déclaré. Elle exhorte les entreprises privées des télécoms et du pétrole à allouer des fonds de responsabilité sociale des entreprises, faisant écho aux appels lancés dans la stratégie nationale genre adoptée en 2021.

Les partenaires internationaux ont montré leur intérêt. Une attachée pour l’égalité des genres a confirmé qu’un programme d’assistance technique de deux ans est en discussion avec les autorités congolaises pour former des infirmières légistes et déployer des tablettes de données cryptées dans les postes de santé ruraux, étendant ainsi la portée au-delà du périmètre de la capitale.

Alors que la campagne des 16 Jours d’activisme se termine, des banderoles le long de l’Avenue de la Paix proclament « Les Statistiques Sauvent des Vies ». Pour de nombreux observateurs, ce slogan est vrai : seule une image transparente de la violence permettra aux institutions et aux communautés du Congo de concevoir des solutions durables.

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