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mercredi, février 4, 2026

CEMAC sets $45 m bar: banks race for fresh capital

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Un seuil de capital plus élevé prend forme

Les banques de la zone CEMAC, composée de six pays, devront bientôt disposer de ressources bien plus importantes. Une nouvelle réglementation de la COBAC, approuvée lors d’une session extraordinaire à Libreville, relève le capital minimum libéré pour les établissements de crédit de 10 à 25 milliards de francs CFA, soit environ 45 millions de dollars, à compter du 1er janvier 2026.

Les institutions déjà agréées avant cette date bénéficient d’un délai de grâce de douze mois, expirant le 31 décembre 2026. Le non-respect de l’objectif oblige à déposer un plan de recapitalisation crédible avant le 30 juin 2027, détaillant des étapes trimestrielles jusqu’en 2029. L’autorité de surveillance indique que cette approche progressive évite les chocs sur le crédit tout en assurant la conformité.

Calendrier et voie de conformité

Le texte de la COBAC prévoit une progression par paliers plutôt qu’un saut unique. Les conseils d’administration doivent autoriser la première tranche dans les trois mois suivant l’entrée en vigueur de la règle, signalant ainsi un engagement précoce des investisseurs. Les augmentations ultérieures suivent un calendrier aligné sur les états financiers certifiés.

Si une banque marque un arrêt, le secrétaire général de la COBAC se réserve le pouvoir de plafonner les dividendes, de limiter l’ouverture de nouvelles agences ou, dans les cas extrêmes, de proposer une retrait d’agrément. Les superviseurs insistent sur le fait que cette boîte à outils est préventive, et non punitive, conçue pour maintenir à flot les acteurs viables et protéger la confiance des déposants.

Motivations derrière la décision

Les responsables régionaux estiment que l’ancien plancher de 10 milliards de francs, inchangé depuis 2009, ne reflète plus l’ampleur de la demande de crédit ni des risques opérationnels. L’inflation, l’exposition à la fraude numérique et les projets d’infrastructure plus importants ont mis les bilans sous tension, augmentant le coût d’une défaillance.

« Nous voulons des banques capables d’absorber les chocs en interne plutôt que de s’appuyer sur les fonds publics », a déclaré un économiste senior de la BEAC. « Un capital plus solide réduit également les coûts de financement, soutenant ainsi la croissance. »

Implications pour les banques congolaises

Le Congo-Brazzaville compte dix banques commerciales, dont la moitié déclarent actuellement un capital inférieur au nouveau seuil, selon le bulletin 2023 du ministère des Finances. Les analystes s’attendent à un mélange de nouveaux fonds propres apportés par les actionnaires, de bénéfices non distribués et d’une participation mesurée de l’État lorsque des enjeux systémiques sont en jeu.

Plusieurs banques de taille moyenne ont déjà entamé des discussions avec des institutions de financement du développement et des fonds de pension régionaux. Un banquier de Pointe-Noire a indiqué que son conseil d’administration envisageait une double stratégie : une augmentation de capital réservée aux actionnaires existants et une émission obligataire de tier 2 sur le marché régional pour limiter la dilution.

Une vague de consolidation possible

Les fusions sont de nouveau à l’ordre du jour. Le cabinet de conseil Deloitte Afrique prévoit que deux à quatre banques de la zone pourraient rechercher des alliances stratégiques pour mutualiser les capitaux et la technologie. Des tentatives antérieures avaient échoué en raison de différences de gouvernance ; les nouveaux délais créent des incitations plus claires.

Les responsables gouvernementaux voient d’un bon œil cette perspective, considérant qu’un paysage bancaire plus concentré favorise une meilleure supervision. Ils soulignent toutefois que les centres de décision locaux doivent rester dans la région pour soutenir les petites entreprises congolaises et les partenariats public-privé.

Étalonnage régional

Les membres de la COBAC mettent l’accent sur la parité avec l’Union économique et monétaire ouest-africaine, où un plancher de 20 milliards de francs est entré en vigueur cette année. Le Nigeria a simultanément lancé une vaste recapitalisation devant s’achever en 2026. Maintenir un seuil plus bas en Afrique centrale risquait d’entraîner une fuite des capitaux et un arbitrage réglementaire.

« Les investisseurs internationaux comparent les juridictions horizontalement », a noté une analyste basée à Abidjan. « L’harmonisation des seuils réduit la perception de terrains de jeu inégaux et pourrait attirer de nouveaux entrants dans la CEMAC, à condition que les fondamentaux macroéconomiques restent stables. »

Débat coûts-avantages

Certains critiques craignent que ce seuil plus élevé n’écarte les actionnaires locaux et ne concentre la propriété entre les mains de groupes multinationaux aux poches plus profondes. En réponse, la COBAC souligne le phasage graduel et les options élargies de levée de capitaux, y compris les introductions en bourse.

La bourse de Brazzaville, la BVMAC, ne compte que six actions cotées mais travaille avec les régulateurs régionaux sur des règles de prospectus simplifiées pour accélérer les introductions en bourse des banques. La capitalisation boursière pourrait doubler si deux banques congolaises recouraient à cette plateforme, a déclaré le PDG de la bourse.

Finance numérique et coussins de risque

Au-delà du risque de crédit traditionnel, les superviseurs soulignent que la cybersécurité et la gestion des fonds de la monnaie mobile sont des facteurs émergents nécessitant des coussins de fonds propres plus importants. Un rapport de la BEAC de 2022 a révélé que les transactions électroniques au Congo avaient augmenté de 38 % en glissement annuel, élargissant l’impact potentiel des pannes techniques ou des fraudes.

Le capital supplémentaire devrait financer la modernisation des pare-feux, la redondance cloud et la formation du personnel. Les fournisseurs de technologie à Brazzaville indiquent que les demandes de refonte des systèmes bancaires de base ont augmenté depuis l’annonce de la COBAC, signe que les banques considèrent la conformité et la transformation numérique comme interconnectées.

Lien avec la politique monétaire

Le renforcement des fonds propres s’inscrit dans la ligne de la position prudentielle de la banque centrale régionale. La BEAC a maintenu son taux directeur à 5 % le trimestre dernier, invoquant des pressions inflationnistes persistantes. Des bilans bancaires solides donnent aux décideurs politiques la marge de manœuvre nécessaire pour ajuster les taux sans craindre un effet domino sur les établissements plus fragiles.

Des économistes de l’Université Marien-Ngouabi estiment que cette vague de recapitalisation approfondira les marchés interbancaires en renforçant la confiance entre contreparties, ce qui pourrait réduire l’écart entre les taux de prêt et de dépôt au Congo de jusqu’à 150 points de base sur trois ans.

Posture gouvernementale de soutien

Le gouvernement congolais a publiquement approuvé la décision de la COBAC. Le ministre des Finances, Rigobert Andely, a déclaré au parlement que des banques plus solides s’alignent sur le Plan National de Développement, qui vise à accroître le crédit au secteur privé pour diversifier l’économie au-delà du pétrole.

Les autorités explorent des systèmes de garantie pour encourager les banques commerciales à orienter les nouveaux capitaux vers l’agriculture, la logistique et les énergies renouvelables, secteurs identifiés comme accélérateurs de croissance dans le cadre du plan. Un projet de loi, actuellement devant l’Assemblée nationale, propose des incitations fiscales

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