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mercredi, février 4, 2026

CSLC urges Congolese media to weed out fake news

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Responsabilité des médias à l’approche des élections de 2026

Alors que la fièvre électorale monte déjà, le Conseil Supérieur de la Liberté de Communication a réuni des rédacteurs en chef et des reporters à Brazzaville le 12 décembre, leur rappelant que la crédibilité de la couverture de mars 2026 dépendra d’un professionnalisme rigoureux.

Le président du Conseil, s’exprimant depuis l’estrade de l’hôtel Olympic Palace, a exhorté l’assemblée à « faire preuve d’esprit républicain », une formule qui a suscité l’approbation de nombreux directeurs de l’information présents.

Son appel intervient à un moment où les réseaux sociaux débordent d’affirmations non vérifiées, de mèmes et de vidéos truquées. Le régulateur craint que des reportages mal sourcés ne brouillent le débat et ne nuisent à la paix civique.

En ouvrant la session sans segment de questions-réponses, le Conseil a opté pour un message succinct plutôt qu’un dialogue prolongé, soulignant l’urgence qu’il attache à la discipline au sein des salles de rédaction.

Des lignes directrices pour la couverture électorale seront publiées

L’équipe du CSLC a présenté son conseil renouvelé, neuf des onze conseillers apparaissant aux côtés du président. Deux absences ont été notées, mais le quorum a permis d’annoncer des décisions avec pleine valeur légale.

En vertu de la loi organique de 2001, l’organisme veille au pluralisme, attribue les fréquences et peut sanctionner les médias qui franchissent les limites éthiques. Le président a rappelé aux journalistes que ce cadre protège à la fois la liberté d’expression et l’ordre public.

Des lignes directrices spécifiques pour la couverture électorale, a-t-il déclaré, circuleront début janvier. Elles préciseront l’équilibre du temps d’antenne, le devoir de vérifier le contenu numérique et la nécessité d’offrir aux candidats une chance égale de répondre.

Plusieurs rédacteurs en chef, s’exprimant en privé après l’événement, ont salué un règlement plus clair. Un dirigeant de télévision a observé que des règles prévisibles pourraient dissuader les pressions de dernière minute de la part de sponsors ou d’activistes cherchant à fausser les débats.

Lutter contre la désinformation en ligne à l’échelle nationale

Au-delà des médias traditionnels, le Conseil a réservé ses mots les plus durs aux pages anonymes qui usurpent l’identité de marques médiatiques. Le président a qualifié leurs publications « d’informations assaisonnées d’insultes », affirmant que ce contenu menace la cohésion sociale.

Le régulateur prévoit des ateliers pilotes d’éducation aux médias dans les écoles secondaires, espérant que les jeunes électeurs apprendront à recouper les sources avant de partager des titres sensationnels. Le ministère de l’Éducation primaire a exprimé son soutien à ce projet.

Des experts de l’Université Marien-Ngouabi seront invités à quantifier la vitesse à laquelle les fausses informations circulent dans les groupes WhatsApp locaux. Leurs données, a déclaré le président, pourront guider les futures contre-messageries des médias réputés.

Des observateurs régionaux notent que l’initiative congolaise fait suite à des mesures similaires prises par le NCC du Cameroun et le HAC du Gabon, reflétant un consensus en Afrique centrale selon lequel la rumeur numérique nécessite des réponses proactives, et non punitives.

La carte de presse nationale relancée pour l’accès aux élections

Une autre mesure pratique dévoilée vendredi est la réactivation de la carte de presse nationale. Inactive depuis plusieurs années, ce document servira à nouveau de badge professionnel et de laissez-passer pour les lieux de campagne.

Les journalistes doivent présenter une preuve d’emploi, un reçu fiscal récent et un certificat de non-condamnation. Le conseil promet un portail en ligne qui devrait réduire les files d’attente souvent observées à son siège.

Les syndicats de médias contactés pour commentaires affirment que la carte aidera la police à distinguer les reporters des militants de campagne qui portent parfois des gilets contrefaits. Ils souhaitent également que les titulaires bénéficient de tarifs de données réduits de la part des opérateurs télécoms.

Bien que les frais n’aient pas été dévoilés, des initiés évoquent un prix subventionné inférieur à cinq mille francs CFA, un signal que les autorités cherchent à encourager une large adoption plutôt qu’à générer des revenus.

Plan de financement durable pour les médias

La fragilité financière reste un problème chronique pour de nombreuses rédactions. Abordant ce point, le président a révélé qu’un groupe de travail avec le ministère de la Communication définira les critères d’allocation d’un futur fonds de soutien aux médias.

Il n’a pas détaillé le montant de l’enveloppe, mais des responsables évoquent en privé une somme équivalant à un pour cent du budget national de la communication, sous réserve de l’approbation parlementaire lors de la prochaine session.

Les éditeurs devront soumettre des comptes certifiés et un plan de transformation numérique pour être éligibles. Les observateurs estiment que cette conditionnalité pourrait réduire le nombre de journaux fantômes qui n’apparaissent qu’en période électorale pour percevoir des subventions.

Si elle est mise en œuvre, cette mesure compléterait les investissements privés qui affluent déjà vers les plateformes en ligne émergentes à Brazzaville et Pointe-Noire, nourrissant l’espoir d’un paysage médiatique plus diversifié et responsable.

Les parties prenantes s’accordent sur la vigilance plutôt que la censure

La réunion de Brazzaville a suivi une tournée similaire à Pointe-Noire le 15 octobre, soulignant la stratégie du Conseil de rencontrer les journalistes province par province avant le début officiel de la campagne l’année prochaine.

Les participants ont quitté la salle vendredi sans interroger l’orateur, partageant plutôt un cocktail informel où les cameramen ont côtoyé les start-ups numériques, un tableau suggérant que les médias traditionnels et nouveaux pourraient converger.

Pour l’instant, les parties prenantes semblent s’accorder sur un message clé : la vigilance plutôt que la censure. « Notre travail est d’informer, pas d’enflammer », a murmuré un animateur de radio en glissant le projet de lignes directrices dans son carnet.

Le maintien de cette éthique pendant la chaleur d’une élection dépendra largement de la détermination collective démontrée dans des salles comme celle de vendredi – et de l’appétit du public pour des reportages vérifiés et équilibrés.

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