La Quinzaine Gouvernementale place Makosso sous les projecteurs des médias
La dernière édition de la Quinzaine Gouvernementale a placé le Premier ministre Anatole Collinet Makosso sous les projecteurs des reporters nationaux et étrangers réunis dans la salle de bal du Hilton de Brazzaville le 20 décembre 2025, impatients d’examiner le rapport d’avancement fraîchement publié sur le mandat 2021-2026.
Entouré de ministres, de conseillers présidentiels et de hauts fonctionnaires, Makosso a proposé une lecture guidée de « En Toute Transparence : 2021-2026, le Bilan Quinquennal », un volume de 153 pages préfacé par le Président Denis Sassou N’Guesso.
La transparence au cœur du bilan de performance quinquennal
La session a débuté par une minute de silence en l’honneur de deux professionnels des médias récemment disparus, un geste qui a donné le ton avant que le Premier ministre n’invite les journalistes à vérifier chaque affirmation du livre à l’aide de statistiques indépendamment vérifiables.
Citant la préface, Makosso a rappelé à l’auditoire que le chef de l’État « rend compte au peuple congolais en toute ouverture », présentant l’ouvrage comme un outil de responsabilisation plutôt que comme une littérature électorale, même s’il paraît trois mois avant le scrutin présidentiel de mars 2026.
Mesures sociales et progrès en matière d’emploi
Abordant les indicateurs sociaux, le Premier ministre a reconnu des difficultés persistantes mais a cité « un soulagement constant et mesurable » dans les pensions et les salaires publics ; il a confirmé le déblocage d’une seconde tranche de salaire pour les enseignants universitaires en grève et a déclaré que les négociations se poursuivraient jusqu’à la reprise des cours dans tous les campus.
Il a souligné les données préliminaires de l’enquête nationale sur le travail montrant un chômage des jeunes à 19 %, en baisse par rapport à 24 % en 2021, tandis que le chômage global se situe près de 40 %, un chiffre qu’il a décrit comme « élevé mais en baisse grâce aux investissements dans les infrastructures et au crédit relancé à l’embauche dans le secteur privé ».
Accès à l’énergie et développement des capacités
Concernant la sécurité énergétique, Makosso a déclaré que le Pacte National pour l’Énergie était sur la bonne voie pour porter la capacité installée de 984 MW en 2025 à 1 500 MW d’ici 2030, les lignes de transmission prioritaires étant déjà financées par des partenariats public-privé et des prêts concessionnels obtenus auprès de bailleurs multilatéraux.
Entre 2021 et 2025, les chiffres officiels indiquent un taux d’accès national à l’électricité de 59 %, contre 49 % quatre ans plus tôt ; la couverture urbaine a atteint 75 % et la couverture rurale 25 %, des progrès que le Premier ministre a attribués à la centrale hydroélectrique de Liouesso et au projet gaz-électricité en cours à Brazzaville.
Modernisation du réseau routier pour renforcer la sécurité alimentaire
Concernant les corridors de transport, il a indiqué que 30 kilomètres de l’autoroute Pointe-Noire–Brazzaville étaient en construction ou reconstruction, décrivant ce tronçon comme « la portion géologique la plus complexe » ; une fois achevé, le temps de trajet entre le pôle économique et la capitale devrait passer de sept heures à moins de cinq.
Makosso a ajouté que les routes d’accès complémentaires dans le Pool, la Bouenza et le Niari étaient cofinancées par la Banque Africaine de Développement, permettant aux agriculteurs d’accéder aux marchés urbains et soutenant l’Initiative de Substitution aux Importations du Président visant à réduire la facture alimentaire annuelle du pays de 700 millions de dollars.
Une culture de la responsabilité fondée sur les données
Tout au long du point presse, le Premier ministre a à plusieurs reprises exhorté les citoyens à lire le livre plutôt que de se fier à des extraits, soulignant que chaque chapitre est accompagné d’une infographie et d’un code QR renvoyant aux ensembles de données brutes hébergés sur la plateforme de l’Institut National de la Statistique.
« Cette publication n’est pas un tour d’honneur ; c’est une feuille de calcul ouverte », a-t-il déclaré aux journalistes, affirmant que des indicateurs transparents protègent les politiques des rumeurs et renforcent la confiance des investisseurs, notamment alors que le Congo se prépare à émettre sa première obligation liée à la durabilité sur le marché régional début 2026.
Esquisse du Pacte pour l’Avenir
Regardant au-delà du mandat actuel, Makosso a salué l’appel du Président Sassou N’Guesso pour un « Pacte pour l’Avenir du Congo », le décrivant comme un document évolutif qui tirera les leçons du bilan quinquennal pour définir des objectifs concrets en matière de transformation numérique, de métallurgie verte et d’investissement dans le capital humain.
Il a indiqué que le prochain dialogue national sur le pacte inclurait les partis d’opposition, les syndicats, les églises et des experts de la diaspora, reflétant ce qu’il a appelé un « patriotisme consensuel » pour assurer la continuité indépendamment des cycles électoraux, tout en préservant la rigueur budgétaire dans le cadre de la Facilité Élargie de Crédit du FMI en cours.
Résonances régionales et contexte électoral
Alors que les caméras étaient rangées, Makosso a résumé l’ambiance : « Ce livre ne ferme pas un chapitre ; il continue de tourner les pages. » La prochaine édition de la Quinzaine Gouvernementale, a-t-il laissé entendre, pourrait se concentrer sur les réformes du secteur de la santé alors que le Congo accélère vers une couverture d’assurance universelle.
Les partenaires internationaux ont suivi la présentation de près ; des représentants de la Banque Mondiale, de l’Union Européenne et de la Banque Exim de Chine ont déclaré que la clarté sur les projets en cours était essentielle pour poursuivre les prêts concessionnels, en particulier pour les corridors agricoles résilients au climat reliant le bassin du fleuve Congo aux ports atlantiques.
Avec l’approche de la saison de campagne présidentielle, Makosso s’est abstenu de tout commentaire électoral, mais son insistance sur des résultats audités semblait calibrée pour rassurer les électeurs indécis que les institutions de l’État suivent les performances, un récit cohérent avec la conviction de longue date du Président Sassou N’Guesso en un « développement par la preuve » plutôt que par des slogans seuls.