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Congo-Brazzaville
mercredi, février 4, 2026

Grant Uncertainty Puts HIV and TB Care at Risk in Congo

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Alerte de financement du Comité national de coordination

Sur un ton mesuré mais pressant, le Comité national de coordination, l’organe supervisant les subventions du Fonds mondial au Congo, a averti cette semaine que les stocks de médicaments antirétroviraux et antituberculeux vitaux pourraient s’épuiser en 2026 si de nouvelles ressources ne sont pas sécurisées.

Près de 20 000 personnes vivant avec le VIH et environ 4 000 patients tuberculeux seraient directement exposés, selon les chiffres présentés lors du briefing de fin de mission du Fonds à Brazzaville, un événement qui a réuni des responsables de la santé, des leaders de la société civile et des partenaires internationaux.

Augmentation de la charge du VIH chez les jeunes

Il a été souligné que la République du Congo continue de faire face à des « épidémies tenaces », la prévalence du VIH augmentant le plus fortement chez les adolescents et les jeunes adultes qui découvrent souvent leur statut tardivement.

Bien que la couverture nationale du traitement du VIH se soit améliorée ces dernières années, des mises en garde ont été émises sur le fait que les gains en matière d’observance pourraient « s’évaporer du jour au lendemain » si les stocks venaient à manquer, compromettant les progrès vers les objectifs 95-95-95 approuvés par les chefs d’État régionaux.

Les décès par tuberculose révèlent un défi plus large

La tuberculose présente un paradoxe similaire. Le pays affiche une couverture thérapeutique louable de 100 %, mais les registres de santé attribuent encore 83 000 décès à la maladie, un écart qui reflète, selon les experts, une détection tardive, des co-infections et une stigmatisation persistante qui éloigne les patients des soins formels.

Un médecin de santé publique a expliqué après la session que « la couverture sur le papier n’est pas la couverture dans le dispensaire du quartier », ajoutant que les équipes médicales rationnent parfois les médicaments pour étirer les stocks diminuants jusqu’au dernier trimestre de chaque cycle budgétaire.

Subvention du Fonds mondial et effort national

La République du Congo bénéficie actuellement d’une allocation de 90 millions d’euros du Fonds mondial pour le cycle 2024-2026, un ensemble négocié pour soutenir les programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, acheter des diagnostics et moderniser la logistique de la chaîne du froid dans les districts sanitaires.

La présidente du CCN a salué la subvention pour avoir atteint « des niveaux satisfaisants sur plusieurs indicateurs de santé liés aux trois pandémies », notant des améliorations dans la surveillance de la charge virale et le travail de proximité communautaire mené par des associations de jeunes à Brazzaville et à Pointe-Noire.

Cependant, elle a tempéré l’optimisme par un avertissement clair : « Si nos appels ne sont pas entendus et que les subventions sont réduites, nous devrons envisager des actions de mobilisation pour faire connaître nos préoccupations. » Sa déclaration signalait une volonté d’un plaidoyer mesuré plutôt que d’une confrontation.

Responsabilité partagée en discussion

Les participants au briefing se sont accordés sur la nécessité de diversifier le financement, appelant le secteur privé, les partenaires bilatéraux et même les créanciers souverains à compléter les lignes de médicaments si les subventions externes se resserraient dans un paysage de l’aide mondiale en mutation.

Plusieurs entreprises minières et de télécommunications présentes ont signalé un intérêt pour des partenariats public-privé dans le domaine de la santé, arguant qu’une main-d’œuvre en meilleure santé réduit l’absentéisme et booste la productivité, bien qu’aucun engagement ferme n’ait été annoncé officiellement.

Engagement du gouvernement réitéré

Des hauts fonctionnaires du ministère de la Santé ont réitéré l’engagement du gouvernement en faveur d’un traitement ininterrompu, soulignant que la sécurisation des médicaments s’inscrit dans la vision plus large du Président Denis Sassou Nguesso en matière de développement du capital humain, énoncée dans le Plan national de développement.

Un groupe de travail technique a été chargé de cartographier les lignes budgétaires nationales, les prêts concessionnels potentiels et les dons en nature afin que les commandes pour 2025 et 2026 puissent être passées bien avant que les stocks actuels n’atteignent des seuils critiques.

Un économiste de la santé, qui a conseillé des campagnes d’approvisionnement précédentes, a fait valoir que des achats précoces pourraient débloquer des remises sur volume et atténuer les retards d’expédition connus pendant la période pandémique.

Renforcement des données et des chaînes d’approvisionnement

Des outils d’inventaire numérique testés dans quatre départements signalent la consommation en temps réel, mais le déploiement national reste incomplet en raison de lacunes en bande passante et de besoins en formation du personnel, laissant les planificateurs centraux dépendre de rapports papier mensuels qui arrivent en retard des zones sanitaires éloignées.

Des logisticiens de l’entrepôt médical national ont déclaré que le nouveau logiciel de gestion d’entrepôt, offert dans le cadre de la même subvention du Fonds mondial, ne donnera pas toute sa valeur s’il n’est pas soutenu par une électricité fiable et des budgets de maintenance dédiés garantissant le fonctionnement des scanners de codes-barres et des serveurs.

Il a été observé que la modernisation de la chaîne d’approvisionnement concerne autant les personnes que la technologie, exhortant à ce que les pharmaciens, infirmiers et chauffeurs reçoivent un mentorat continu pour que la prévision, la commande et la livraison du dernier kilomètre forment une boucle sans faille.

Les directeurs de la santé régionale de Niari et Likouala ont exprimé leur confiance dans le fait qu’un tel renforcement des capacités raccourcira les délais une fois pleinement financé.

Angle de la santé maternelle et infantile

Il a été souligné que la protection des mères et des enfants reste primordiale, car les formulations pédiatriques et les interventions de prévention de la transmission mère-enfant sont les premières à souffrir lorsque les entrepôts centraux sont confrontés à des pénuries, risquant ainsi de nouvelles infections et compliquant les efforts pour atteindre les Objectifs de développement durable.

Une urgence discrète à l’horizon 2026

Pour l’instant, les dispensaires continuent de délivrer des médicaments, mais les pharmaciens surveillent déjà les dates de péremption avec inquiétude, sachant que les cycles d’approvisionnement peuvent s’étendre sur quatorze mois, de l’appel d’offres à la livraison.

Selon les mots d’un agent de santé communautaire, « Nous sommes formés pour rassurer les patients, mais nous avons aussi besoin d’être rassurés. Un comprimé manqué est plus qu’une statistique ; c’est un recul dans la vie de quelqu’un. »

Les prochains mois testeront donc si le dialogue multisectoriel peut se traduire en commandes d’achat concrètes, maintenant les étagères des pharmacies pleines et l’élan intact alors que le Congo avance vers 2026.

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