Examen stratégique réunit l’état-major à Brazzaville
A l’aube du 17 décembre, la salle de commandement vitrée de la Zone de Défense 9 à Brazzaville s’est remplie d’épaulettes et d’ordinateurs portables. La conférence d’examen annuelle des Forces Armées Congolaises, connue sous son acronyme français FAC, a ouvert deux jours d’introspection intense et de planification future.
Le général de division, chef d’état-major général et coordinateur du Groupe d’Anticipation Stratégique, a déclaré la session ouverte, exhortant les commandants à « élaborer une feuille de route qui nous ancre plus solidement et efficacement à la défense territoriale et à la consolidation de la paix ».
Une quarantaine d’officiers supérieurs, dont des commandants de zone, des chefs organiques et des spécialistes invités, ont assisté à la réunion à huis clos. Des responsables du ministère de la Défense nationale, des universitaires et des observateurs du mécanisme régional de sécurité de la CEMAC étaient également présents, donnant une saveur multidimensionnelle aux délibérations.
Mesure des performances 2025 par rapport à des objectifs ambitieux
Le directeur des Opérations et chef du groupe multidisciplinaire de planification opérationnelle a défini la tâche principale : une « évaluation objective » du plan de travail annuel 2025 qui guide la formation, la logistique, la coopération civilo-militaire et la surveillance des frontières dans les douze départements.
Selon les documents de travail, les FAC ont exécuté 78 pour cent des exercices de terrain prévus, déployé trois détachements de réaction rapide le long du corridor nord et aidé les autorités civiles lors des inondations de la Likouala. Cependant, la disponibilité des véhicules est tombée en dessous de 60 pour cent et certains bataillons ont signalé des pénuries de radios cryptées.
« Une armée qui ne se met pas à jour se condamne à l’immobilité », a rappelé le général aux délégués, citant le rapport d’évaluation. Il a noté que des budgets plus serrés et des tensions dans la chaîne d’approvisionnement mondiale avaient compliqué l’acquisition de pièces de rechange, mais a insisté sur le fait que l’innovation et la mutualisation régionale pouvaient compenser ces contraintes.
Identification des goulots d’étranglement et des actions correctives
Le deuxième jour a été consacré aux lacunes. Des groupes de travail ont analysé l’administration, les infrastructures, le renseignement et les ressources humaines. Un participant a déclaré que le problème transversal le plus urgent restait « les procédures lourdes sur papier qui ralentissent les cycles de décision ».
Les recommandations incluent l’accélération de la numérisation des dossiers du personnel, l’adoption d’une plateforme unique de suivi logistique et l’extension de l’installation de maintenance conjointe inaugurée à Pointe-Noire en juin dernier. Les officiers ont également suggéré que les budgets futurs réservent une tranche fixe pour la technologie des drones, considérée comme rentable pour surveiller les frontières forestières éloignées.
Sur le front du bien-être, les commandants ont salué la nouvelle aile de l’hôpital militaire de Makélékélé mais ont demandé une expansion des unités de soutien psychologique, évoquant le stress subi par les troupes déployées pendant de longues périodes dans les zones fauniques de la Sangha-Likouala pour aider les gardes forestiers.
Vers un agenda unifié de défense et de paix pour 2026
Les délégués se sont accordés sur la nécessité de synchroniser les objectifs de défense avec le Plan National de Développement 2022-2026, qui assigne au secteur de la sécurité un rôle central dans l’attraction des corridors d’investissement de Pointe-Noire à Ouesso. Les ministères civils seront consultés avant que la feuille de route finale ne soit soumise le 31 décembre.
Bien que les spécificités restent classifiées, des sources ont indiqué que la priorité irait aux capacités de transport aérien, aux patrouilles maritimes dans le golfe de Guinée et à une participation accrue aux forces en attente de la CEMAC. Le soutien continu aux initiatives de désarmement dans le Pool et les Plateaux a également été listé comme un pilier de la stabilisation intérieure.
Le général s’attend à ce que les objectifs affinés figurent en bonne place lors du traditionnel « Réveillon d’armes », le discours de fin d’année aux troupes. La cérémonie, ancrée dans la tradition militaire depuis les années soixante, est devenue un moment où les forces armées exposent leurs priorités directement à la nation.
Perspectives sur les implications pour la sécurité régionale
Une analyste en sécurité estime que l’examen des FAC signale une continuité plutôt qu’une rupture. « Ce qui ressort, c’est l’approche méthodique. En mesurant les performances honnêtement, ils peuvent s’ajuster sans perturber l’équilibre qui a maintenu les incidents frontaliers à un bas niveau », a-t-elle déclaré.
Un colonel à la retraite a salué l’accent mis sur la logistique. « La préparation au front est une chaîne ; un maillon brisé suffit à compromettre toute la campagne », a-t-il noté, évoquant les expériences lors des exercices multinationaux Obangame Express et Loango Shield.
Pour les investisseurs, la discussion a du poids. La modernisation de l’autoroute Pointe-Noire–Brazzaville et le projet de GNL de Sonara dépendent tous deux d’une sécurité prévisible. Un attaché commercial européen présent a déclaré que les entreprises « surveillent les indicateurs de défense aussi étroitement que les indicateurs macroéconomiques » avant d’engager des capitaux.
Alors que la conférence se terminait, les officiers ont formé un cercle informel, chantant l’hymne martial « Soldat d’honneur ». Les paroles, promettant vigilance et unité, faisaient écho au message plus large : que l’évaluation continue, associée à une planification adaptative, reste centrale pour sauvegarder l’intégrité territoriale du Congo-Brazzaville et ses aspirations plus larges à la paix.
Les homologues régionaux en ont pris note. Des officiers de liaison camerounais et gabonais, participant en tant qu’observateurs, ont exprimé leur intérêt à reproduire le modèle d’examen post-action des FAC. « Une méthodologie partagée rationalisera les opérations conjointes sous la brigade en attente de la CEMAC », a déclaré un lieutenant-colonel, prévoyant des exercices d’interopérabilité plus fluides en 2026.
Pour l’avenir, l’état-major général prévoit de publier un résumé déclassifié en février, un geste vers la transparence salué par la société civile. Les analystes affirment qu’une divulgation routinière, même limitée, peut renforcer la confiance et dissuader les campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux.