L’entrepreneuriat des jeunes au Congo-Brazzaville
Lorsque le Forum Horizon Initiative et Créativité a été lancé il y a deux ans, son objectif était simple : convaincre les jeunes Congolais que la création d’entreprise peut être aussi accessible que l’emploi public. Le message a rapidement gagné du terrain, préparant le terrain pour une mobilisation nationale qui devrait se poursuivre jusqu’en 2026.
Du Mbongui des Jeunes au FHIC
Le concept a débuté en 2024 sous le nom de Mbongui des Jeunes, un cercle communautaire traditionnellement utilisé pour le dialogue. Trois éditions initiales se sont concentrées sur l’éveil de l’ambition entrepreneuriale dans les zones urbaines et rurales, prouvant qu’un forum modeste, s’il est suffisamment mobile, peut stimuler une action économique concrète.
Cinq départements déjà couverts
Depuis ce début modeste, le FHIC rebaptisé s’est rendu dans la Likouala, la Cuvette, le Niari, Pointe-Noire et le Lekoumou. À chaque étape, les organisateurs ont rencontré des responsables locaux, des chefs traditionnels et des étudiants, adaptant les ateliers aux ressources spécifiques – des pêcheries du nord aux plateformes logistiques de la côte.
La vision présidentielle comme boussole
L’itinéraire est consciemment aligné sur l’appel du Président Denis Sassou N’Guesso en faveur d’une économie diversifiée et portée par les jeunes. En mettant en avant la micro-entreprise comme voie vers une croissance inclusive, le FHIC souligne l’accent mis par le gouvernement sur l’initiative privée complétant l’investissement public, plutôt que d’attendre uniquement les recrutements de l’État.
Feuille de route 2026 et circuit élargi
Les organisateurs ont confirmé lors d’un récent point presse que la tournée 2026 reprendra la formule éprouvée tout en élargissant sa portée. Plutôt que de se concentrer sur les capitales régionales, le forum prévoit des sessions au niveau des villages, amenant des comptables, des mentors en business plan et d’anciens participants ayant réussi directement dans des communautés souvent négligées par les conférences traditionnelles.
L’équipe portera à nouveau un « bâton de pèlerin » symbolique, liant la persévérance à la sensibilisation des prêteurs. Un calendrier provisoire prévoit des caravanes trimestrielles et des foires villageoises pour mettre en valeur l’agro-transformation, l’artisanat et les start-ups de services.
Mettre en lumière le potentiel économique local
Chaque session commence par un exercice de cartographie au cours duquel les participants listent les ressources sous-utilisées, des plaines inondables fertiles aux sites de tourisme culturel. Les facilitateurs mettent ensuite ces ressources en relation avec des données de marché, illustrant comment un capital de départ modeste et un smartphone peuvent transformer des ressources brutes en flux de revenus viables.
En mettant en lumière les forces existantes plutôt que les déficits, le FHIC rejoint le récit plus large selon lequel la croissance du Congo-Brazzaville ne dépend pas uniquement du pétrole. Les organisateurs soutiennent que des micro-entreprises diversifiées peuvent renforcer la résilience nationale et compléter les réformes stratégiques en cours dans le cadre du plan de développement du pays.
Suivi des premiers résultats
Bien que les chiffres complets soient en attente, les coordinateurs citent des preuves anecdotiques : certains participants ont rouvert des fermes familiales, d’autres ont enregistré des entreprises individuelles dans les services de détail. Ces histoires individuelles, partagées sur les pages des réseaux sociaux du FHIC, étayent l’affirmation selon laquelle un forum mobile peut transformer l’inspiration en entreprises enregistrées.
Les progrès seront documentés de manière plus rigoureuse lors de la prochaine tournée. Une équipe de suivi effectuera des vérifications à intervalles de trois mois, contrôlant si les licences commerciales restent actives et compilant les enseignements pour affiner les modules de formation avant que le forum ne se déplace vers sa prochaine étape.
Capital privé et mentorat
L’accès au financement reste un obstacle pour les fondateurs débutants. Le FHIC invite les coopératives de crédit à présenter des micro-prêts sur place. Des mentors anciens participants témoignent qu’une comptabilité rigoureuse et une orientation client peuvent débloquer le crédit même sans garantie importante.
Les organisateurs notent que ces conversations financières sont soigneusement structurées pour éviter des attentes irréalistes. Les agents de crédit présentent les calendriers de remboursement, tandis que les conseillers juridiques clarifient les procédures d’enregistrement. L’objectif, insistent-ils, est d’associer l’enthousiasme à la prudence pour que l’élan du forum se traduise par des bilans durables.
Aspiration nationale, réalisation locale
Si le circuit 2026 réussit, le FHIC vise à institutionnaliser son modèle, transformant le forum itinérant en un incubateur permanent avec des centres satellites. Pour l’instant, cependant, les organisateurs placent leur foi dans le contact direct, soutenant que l’engagement en face-à-face reste indispensable dans les régions où la pénétration d’Internet est inégale.
Les parties prenantes de la société civile observent que cette approche itinérante renforce également la confiance. Les membres de la communauté qui assistent à des visites récurrentes, plutôt qu’à des séminaires ponctuels, sont plus susceptibles d’engager du temps et des ressources. Cette régularité, disent-ils, témoigne du sérieux et s’aligne sur les normes culturelles du commerce basé sur les relations.
Perspectives pour les jeunes innovateurs du Congo
Avec la prochaine étape de développement présidentiel fixée à l’horizon 2026, le FHIC se positionne comme un levier complémentaire. Ses soutiens affirment qu’autonomiser des milliers de fondateurs de première génération pourrait générer des effets d’entraînement, élargissant les chaînes d’approvisionnement locales et absorbant la main-d’œuvre sur un marché du travail qui ressent encore les contrecoups de la pandémie.
Pour les nombreux étudiants qui se préparent à quitter les universités de Brazzaville et de Pointe-Noire dans les mois à venir, ces promesses résonnent particulièrement. Que le forum parvienne finalement à concilier l’ambition et une échelle mesurable deviendra plus clair à mesure que les caravanes reprendront la route, portant un évangile pragmatique de l’entreprise.