Brazzaville accueille un débat national sur la régulation de l’IA
Le Congo-Brazzaville a ouvert lundi une consultation nationale axée sur la régulation de l’intelligence artificielle, réunissant des institutions publiques, des acteurs du secteur privé et des experts numériques internationaux à Brazzaville. La réunion a été organisée par l’Agence de Régulation des Postes et des Communications Électroniques.
La consultation est prévue pour se dérouler jusqu’au vendredi 16 janvier 2026. Les organisateurs indiquent que l’objectif est de jeter les bases d’une approche réglementaire correspondant aux réalités technologiques actuelles, tout en suivant le rythme des ambitions du pays dans l’économie numérique.
Protection des citoyens et innovation responsable à l’ordre du jour
Selon les organisateurs, les discussions tournent autour de plusieurs priorités qui touchent la vie quotidienne dans une société de plus en plus connectée. Celles-ci incluent la protection des citoyens dans l’espace numérique, la promotion d’une innovation responsable et la clarification de la manière dont les données et l’IA doivent être gouvernées dans le contexte national.
Les participants examinent également le développement d’une finance numérique à la fois sûre et inclusive. En pratique, cela implique une attention portée à la confiance, aux garanties pour les consommateurs et à l’intégrité des services émergents, alors que le pays cherche à garantir que l’innovation élargisse les opportunités tout en limitant les utilisations nuisibles.
L’agence de régulation avertit que la technologie évolue plus vite que la réglementation
S’exprimant à l’ouverture, le Directeur Général de l’agence de régulation a présenté la consultation comme une réponse opportune à un changement rapide. « Les technologies évoluent plus vite que notre capacité à les réguler », a-t-il déclaré, affirmant que les institutions et les entreprises doivent coordonner plus étroitement pour éviter les lacunes réglementaires.
Il a présenté la régulation de l’IA comme faisant partie d’un ensemble plus large de défis communs. Il a cité l’intelligence artificielle aux côtés de la blockchain, des crypto-actifs et des technologies satellitaires, soulignant que les questions soulevées par ces outils traversent les secteurs et exigent une réponse collective plutôt qu’une prise de décision fragmentée.
Le gouvernement signale une vision stratégique des données et de l’IA
Le Ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie Numérique a déclaré aux participants que les données numériques et l’intelligence artificielle sont devenues des ressources stratégiques majeures pour les États. Il a appelé à une réponse politique qui soit, selon ses termes, « lucide, cohérente et responsable », reflétant les enjeux économiques, sociaux et éthiques.
Ses remarques ont placé la consultation dans une approche de gouvernance plus large qui reconnaît à la fois les opportunités et les risques. Son message a suggéré que le gouvernement cherche à renforcer la clarté pour les innovateurs et les investisseurs, tout en établissant des protections qui renforcent la confiance du public dans les services numériques.
Une stratégie nationale d’IA en développement avec un partenaire du PNUD
Le ministre a également annoncé qu’une stratégie nationale d’intelligence artificielle est actuellement en cours d’élaboration. Il a déclaré que les travaux sont menés en partenariat avec le Centre Africain de Recherche en Intelligence Artificielle et le Programme des Nations Unies pour le Développement.
L’objectif déclaré est de doter le Congo-Brazzaville d’un cadre clair adapté à son propre contexte. Pour les participants, ce cadre signale un effort pour aligner la réglementation sur les priorités nationales, tout en s’appuyant sur une expertise technique et un soutien au développement reconnu internationalement.
Vers un cadre numérique intelligent, inclusif et souverain
Les organisateurs affirment que les travaux de la semaine devraient contribuer à produire une vision partagée et des orientations pratiques pour ce qu’ils décrivent comme une régulation numérique intelligente, inclusive et souveraine. L’ambition est de passer de principes généraux à des orientations applicables pouvant guider à la fois les institutions et les acteurs du marché.
Alors que la consultation se poursuit tout au long de la semaine, l’accent reste mis sur la construction d’un terrain d’entente entre les parties prenantes. L’attente, selon les initiateurs, est que le processus puisse aider le Congo-Brazzaville à répondre au changement technologique rapide avec des règles qui encouragent l’innovation tout en protégeant les utilisateurs.