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mercredi, février 4, 2026

CEMAC Summit in Brazzaville: Markets Eye What’s Next

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Le sommet de Brazzaville envoie un message de continuité

Comme annoncé précédemment, les chefs d’État de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) se sont réunis à Brazzaville le 22 janvier 2026. Dans leur communiqué final, ils ont confirmé « la poursuite de la stratégie de stabilisation macroéconomique initiée depuis 2024 ».

Une lecture attentive du texte suggère que la réunion n’a pas dévoilé de réforme structurelle majeure. Néanmoins, le document envoie un signal clair aux investisseurs : continuité, prévisibilité et volonté de maintenir le cap à un moment où le risque souverain en Afrique centrale est réévalué à la hausse par certaines parties du marché.

Les analyses de la BEAC, de la Commission CEMAC et du FMI cadrent les décisions

Les discussions se sont appuyées sur les évaluations présentées par la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), la Commission CEMAC et le Fonds Monétaire International (FMI). Les participants ont réaffirmé que la discipline budgétaire reste la priorité politique centrale, les budgets devant rester conformes aux programmes soutenus par le FMI.

Le communiqué maintient également la modernisation administrative comme priorité. Il souligne « la mise en place de comptes uniques du Trésor et la digitalisation des finances publiques » comme outils pratiques visant à réduire les fuites, renforcer la gestion de trésorerie et améliorer la crédibilité des rapports fiscaux à terme.

Crédibilité monétaire : indépendance et supervision bancaire renforcée

Pour les marchés financiers, l’accent renouvelé sur l’indépendance de la BEAC est présenté comme un ancrage clé pour la crédibilité monétaire. Dans une région où la confiance peut évoluer rapidement avec les conditions extérieures, réaffirmer l’autonomie de la banque centrale est souvent perçu comme un engagement stabilisateur plutôt qu’une ligne symbolique.

La réunion de Brazzaville a également instruit « le renforcement de la supervision bancaire par la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) ». L’objectif, selon le communiqué, est de contenir les risques liés à l’exposition élevée des banques à la dette souveraine—une question que les investisseurs surveillent de près à travers l’union monétaire.

Le rôle de la BDEAC mis en avant pour le financement et la transformation

Au-delà de la stabilisation, les dirigeants ont également souligné la nécessité d’un financement du développement. Le communiqué appelle à « renforcer le rôle de la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) dans le financement et la transformation structurelle des économies de la CEMAC ».

Pour les observateurs du secteur privé, cet accent est important car il relie la discipline macroéconomique à la capacité de croissance à long terme. Le texte ne détaille pas de nouveaux instruments, mais il indique que les institutions régionales veulent que la BDEAC fasse partie de la solution alors que les besoins d’investissement restent substantiels.

Croissance, déficits et l’arithmétique du marché

À Brazzaville, quatre chefs d’État ont assisté—République centrafricaine, Gabon, Guinée équatoriale et République du Congo—aux côtés de deux ministres des finances représentant le Cameroun et le Tchad. Ensemble, ils ont noté que « la croissance moyenne de la CEMAC est restée limitée à 2,1% au cours des cinq dernières années », en deçà de la croissance démographique régionale.

Les participants ont indiqué que cette tendance réduit la capacité de la zone à générer des excédents extérieurs durables. Après un excédent budgétaire agrégé en 2023, la sous-région est revenue à un déficit en 2024 et 2025. Les projections citées lors de la réunion indiquent un risque de dépasser 3% du PIB en 2026 sans un ajustement budgétaire crédible.

Les réserves étrangères restent le tableau de bord clé pour les investisseurs

Le sommet extraordinaire a également confirmé que l’indicateur unique le plus surveillé par les investisseurs est la trajectoire des réserves de change. Pour un système de taux de change fixe, les niveaux de réserves ne sont pas une métrique abstraite ; ils sont un test en temps réel de la crédibilité des politiques et de la résilience externe.

Les données de la BEAC référencées lors de la réunion indiquent qu’entre mars et novembre 2025, les réserves ont baissé de 1 335,7 milliards de francs CFA (environ 2,4 milliards de dollars), équivalant à environ un mois d’importations. Cette baisse alimente des questions sur la durabilité et les primes de risque, même si les responsables soulignent les garanties du cadre.

2026 : les marchés recherchent l’exécution, pas les slogans

Le message de la BEAC pour 2026, reflété dans le ton du sommet, est que les marchés récompenseront davantage la mise en œuvre opérationnelle que les déclarations politiques. En pratique, cela signifie des progrès mesurables sur la cohérence budgétaire avec les programmes soutenus par le FMI et sur la rapatriement effectif des revenus d’exportation.

À travers la zone CEMAC, la stabilisation des réserves devrait rester le principal test de confiance. Le communiqué de Brazzaville, en se concentrant sur la continuité, la supervision et la modernisation des finances publiques, offre aux investisseurs une base de référence plus claire—tout en reconnaissant implicitement que la crédibilité sera jugée à l’exécution.

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