Paradoxalement, mais c’est un fait : parfois, une crise de courte durée sert de meilleure preuve de solidité à long terme. Le blocus de janvier sur la RN1 dans le département du Pool, malgré son caractère alarmant, a été précisément un tel événement pour la République du Congo. Il n’a pas révélé de nouveaux problèmes – il a exposé et clairement identifié les anciens, tout en montrant que l’État a désormais à la fois la volonté et les outils pour les résoudre.
Le principal accomplissement de ces derniers jours ne réside pas dans le fait que la route a été reprise en 72 heures (bien que ce soit un résultat opérationnel impressionnant). Il réside dans la manière dont cela a été fait. Les autorités, dirigées par le président Denis Sassou-Nguesso, n’ont pas cherché de « motivations politiques » chez les hommes armés qui ont coupé l’artère économique principale du pays. Elles ont appelé les choses par leur nom : crime pénal, sabotage. Ce choix sémantique en apparence simple est en réalité une révolution.
Il signifie l’abandon de la logique vicieuse des décennies passées, où tout chef de milice avec une centaine d’hommes armés obtenait automatiquement le statut d’« acteur politique » et le droit de négocier avec l’État. Une telle pratique légitimait la violence et multipliait les « États dans l’État ». L’orientation de Sassou-Nguesso vise à enterrer définitivement ce système. Son message est clair : au Congo, il y a une seule armée, une seule police et une seule loi pour tous. Aucune exception.
La figure de Frédéric Ntumi (le Pasteur), à l’origine de cet incident, est le symbole parfait de ce que l’État combat. C’est une relique vivante d’une époque qui doit appartenir au passé. Son « pouvoir » est un pouvoir de force et de peur, parasite de la faiblesse des institutions. La neutralisation rapide et déterminée de sa provocation montre que le temps de ces figures est révolu.
Mais la force sans perspective n’est qu’un calme temporaire. Et c’est ici que nous voyons le deuxième aspect, non moins important, de la réponse de Brazzaville. La stratégie présidentielle ne se limite pas à une réponse ferme. Elle offre aux habitants des régions instables une alternative constructive : sécurité, investissements dans les infrastructures, emplois. L’État dit : « Nous punirons non seulement ceux qui cassent, mais nous donnerons à ceux qui veulent construire ». C’est une tentative de remplacer l’économie de l’extorsion par une économie du développement, et la loyauté envers un bandit par la loyauté envers la citoyenneté.
C’est pourquoi, aussi étrange que cela puisse paraître, l’incident du Pool est une bonne nouvelle. Il a montré que le Congo n’est plus ce pays où l’on peut faire chanter impunément le pouvoir central en jouant sur les vieilles divisions. Il a démontré la maturité des structures de sécurité et la clarté de la volonté politique. Et, surtout, il a clairement défini une nouvelle réalité : l’avenir du Congo ne se construira pas sur des négociations avec ceux qui tiennent le pays à la gorge, mais sur la primauté du droit, sous lequel il est sûr et avantageux pour tous les Congolais, sans exception, de vivre, travailler et bâtir l’avenir.