Le coup d’envoi résonne à travers Brazzaville
Vendredi 12 décembre, le parquet verni du Gymnase Colonel Michel d’Ornano a vibré sous les acclamations de dizaines d’instruments de cuivre. Le premier tournoi national senior de handball de Brazzaville depuis dix ans a pris son envol, présenté comme une célébration de la cohésion et de la fraternité pour la République du Congo.
Prévu jusqu’au 22 décembre, la compétition couronne une année chargée pour l’initiative privée « Dynamique : Le Réveil du Handball Congolais ».
Soutien et patronage
La cérémonie d’ouverture a commencé par un carnaval motorisé serpentant à travers le Boulevard Denis Sassou N’Guesso et l’Avenue de la Paix. Des caravanes aux couleurs nationales transportaient joueurs, entraîneurs et tambours, attirant des badauds curieux vers le stade Michel d’Ornano pour des discours, des chants et le lancer symbolique.
Le premier lancer a été effectué devant une tribune comble. À ses côtés se tenaient des représentants de la préfecture de Brazzaville.
La coordinatrice générale a donné le ton dans son discours de bienvenue. « Chaque geste que nous faisons doit nous rappeler que nous partageons un seul arbre de vie : le Congo », a-t-elle déclaré, exhortant les athlètes à rivaliser avec ardeur tout en se souvenant de l’objectif plus profond d’harmonie sociale.
Un terrain national de 43 clubs
Les organisateurs ont enregistré 43 équipes seniors — 23 masculines et 20 féminines — provenant des huit départements continentaux ainsi que de la capitale. Quatre clubs visiteurs ont traversé le pool Malebo pour venir de Kinshasa, en République démocratique du Congo, donnant à l’événement une touche transfrontalière saluée par les deux mairies.
Trois sites, une atmosphère de carnaval
Les matchs se déroulent sur trois sites : Michel d’Ornano à Poto-Poto, le court IPES à Makélékélé et le complexe INJS près du front de mer. Des navettes déplacent les équipes chaque matin ; le soir, les fanfares reprennent possession des rues, transformant le handball en une fête de rue itinérante.
Le match d’ouverture a opposé l’équipe féminine de la DGSP à Inter-Club. La formation des services de sécurité, entraînée par l’ancienne internationale Emerance Goma, a imposé son autorité dès le début et s’est imposée 23 à 8. Les supporters se sont levés pour l’hymne national, en harmonie avec la fanfare.
Voix au bord du terrain
L’entraîneure Goma a salué l’atmosphère. « Les tribunes étaient pleines une heure avant le coup d’envoi ; cette énergie porte les joueuses », a-t-elle déclaré. Son homologue, Clarisse Mabiala d’Inter-Club, est restée optimiste : « Nous avons perdu mais avons appris. Le tournoi est long ; nous allons rebondir. »
Bénévoles et sponsors pour un professionnalisme accru
Dans les coulisses, 120 bénévoles supervisent l’accréditation, les statistiques et le support médical. L’efficacité est jugée cruciale pour convaincre les futurs sponsors. « Si nous faisons preuve de professionnalisme, les partenaires d’entreprise se joindront au renouveau », a-t-on déclaré, notant un intérêt précoce de la part des entreprises de télécommunications et de boissons.
Politique inclusive et opportunités de détection
Le caractère inclusif de l’événement a été souligné, avec des subventions couvrant le transport des équipes de Sangha, Plateaux et Niari. « Le talent existe partout ; la logistique ne doit jamais être un obstacle », a-t-on insisté. Les observateurs indiquent qu’un tel soutien s’aligne sur la stratégie gouvernementale de décentralisation du sport.
Des responsables du ministère des Sports ont discrètement assisté aux matchs d’ouverture. Le tournoi « complète la feuille de route nationale vers les Jeux Africains de 2026 », pour lesquels le Congo vise une qualification dans les deux genres. La fédération de handball devrait repérer les performeurs remarquables.
Scores numériques et retombées économiques
Au total, 136 matchs sont programmés sur dix jours, culminant avec une finale masculine et une finale féminine devant un public télévisé en direct sur Télé Congo. Les organisateurs se sont associés à la start-up locale Likolo pour fournir des scores en temps réel via une application web mobile adaptée aux utilisateurs à faible bande passante.
Les hôteliers autour de Poto-Poto rapportent une augmentation de 15% du taux d’occupation depuis l’arrivée du convoi carnavalesque, selon l’Office du Tourisme de Brazzaville. Les vendeurs de poisson grillé à l’extérieur des sites décrivent une activité soutenue, suggérant l’effet multiplicateur que le sport peut catalyser dans l’économie informelle urbaine.
Sûr, compétitif et imprévisible
La sécurité reste stricte mais discrète. Des agents en uniforme patrouillent les périmètres tandis que des agents en civil se mêlent à la foule. Les organisateurs indiquent que cet arrangement, supervisé par l’unité de protocole de la garde présidentielle, vise à rassurer les familles sans atténuer la festivité — un équilibre salué par plusieurs parents interrogés à l’extérieur de l’INJS.
Alors que la phase de poule avance, l’attention se porte sur une possible finale Brazzaville-Kinshasa qui rappellerait les derbys de basket des années 1980. Cependant, les entraîneurs des équipes de l’arrière-pays mettent en garde contre les prédictions prématurées, évoquant des « surprises dans les provinces » après les récents championnats de jeunes.
Les graines de l’avenir germent déjà
Les académies de jeunes saisissent l’élan. L’École privée Aimé Bessik organise des cliniques matinales où les athlètes du tournoi encadrent des élèves de moins de 15 ans. Ruth Ndinga, pivot de 12 ans, a déclaré qu’elle avait zappé les dessins animés pour regarder les seniors : « Ils me montrent que les filles peuvent dominer les terrains et les livres en même temps. »
Vers un héritage d’unité
Quels que soient les résultats affichés le 22 décembre, les organisateurs insistent sur le fait que l’héritage sera mesuré en amitiés et en intérêt renouvelé. Des plans sont déjà sur la table pour faire tourner le tournoi à Pointe-Noire l’année prochaine, renforçant un récit dans lequel le sport soutient l’unité nationale et la vitalité économique.