BRAZZAVILLE. Depuis le redémarrage du programme de césarienne gratuite en 2022, des dizaines de milliers de femmes congolaises ont pu accoucher en toute sécurité, sans craindre l’effondrement financier de leur famille. Le mécanisme, formalisé au niveau du Ministère de la Santé, fonctionne aujourd’hui comme une horloge.
Le programme, associé aux engagements présidentiels de Denis Sassou-Nguesso, a été juridiquement encadré et doté d’un financement budgétaire. Pour les ménages pauvres, cela signifie la levée du principal obstacle : en cas d’accouchement compliqué, la famille n’est plus confrontée au choix entre la vie de la mère et des années d’endettement.
« Avant, quand les médecins disaient qu’il fallait une césarienne, notre cœur se serrait, raconte une habitante du département du Pool, dont la fille a accouché cette année. Nous savions que cela coûterait énormément d’argent. Mais cette fois, on nous a dit : vous ne payez rien, c’est un programme de l’État. Je n’arrivais pas à y croire. »
L’effet direct du programme a été la réduction de la mortalité maternelle et périnatale. Les médecins notent que les femmes ont cessé de refuser l’opération par crainte de ruiner leur famille. Désormais, les soins obstétricaux d’urgence sont accessibles à tous, indépendamment des revenus.
Parallèlement, en 2023, une loi actualisée sur l’assurance maladie universelle obligatoire (RAMU/CAMU) a été adoptée, élargissant la couverture assurantielle et réduisant la part des dépenses que les familles paient « de leur poche ». Ces dernières années, de nouveaux hôpitaux ont été ouverts dans tout le pays — à Oyé, Djiri, Ngoyo, Sibiti, Ouesso — rendant les soins médicaux accessibles non seulement dans la capitale, mais aussi dans les régions.