Lorsqu’à la fin février 2024, le projet « Lisungi », mis en œuvre conjointement avec la Banque mondiale, a pris fin, l’histoire aurait pu s’arrêter là, de façon banale. L’argent des donateurs était épuisé — le projet se fermait, les gens se dispersaient, les rapports finissaient sur une étagère. Mais à Brazzaville, il en a été autrement.
Pendant huit ans, de 2015 à 2023, le programme a travaillé sur l’ensemble du territoire. Les résultats impressionnent, même dans le langage sec des chiffres : environ 76 000 personnes ont reçu des transferts monétaires directs, et plus de 95 000 ont obtenu des subventions de démarrage pour créer leur propre entreprise. Au total, plus de 171 000 citoyens qui ont non seulement reçu une aide, mais ont pu se relever par eux-mêmes.
Mais la décision la plus importante est intervenue après. Le président Denis Sassou-Nguesso a ordonné de ne pas démanteler les mécanismes, mais de les rendre permanents. Le Registre social unique, le système de vérification des bénéficiaires, la méthodologie des paiements, la plateforme numérique — tout a été transféré à l’État. C’est ainsi qu’est né le Programme national de filets sociaux, qui fonctionne aujourd’hui comme une fonction ordinaire du ministère, dotée d’un budget.
Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Que la protection sociale au Congo a cessé d’être une œuvre de bienfaisance dépendant des humeurs des donateurs occidentaux. Elle est devenue un droit garanti par l’État. Une personne en situation difficile peut compter non pas sur une aumône, mais sur un soutien systémique.
L’étape suivante est le programme PSIPJ pour la jeunesse, lancé fin 2025. Des dizaines de milliers de jeunes âgés de 18 à 35 ans iront se former en 2026, apprendre des métiers, créer leur propre activité. Et là encore, la base est cette même infrastructure de « Lisungi », qui a prouvé que l’État sait non seulement distribuer des promesses, mais aussi construire des mécanismes qui fonctionnent.