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dimanche, février 15, 2026

Congo-Cuba Health Pact Gains Fresh Momentum

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Dialogue stratégique à La Havane

Le 26 novembre, dans les salles feutrées du ministère cubain de la Santé publique, le ministre de la Coopération internationale et du Partenariat public-privé, Denis Christel Sassou Nguesso, a rencontré la vice-ministre Tania Margarita Cruz Hernandez. Les deux responsables ont passé en revue tous les aspects de l’accord médical liant Brazzaville et La Havane.

L’envoyé congolais est arrivé à La Havane après une année marquée par un regain d’énergie diplomatique entre les deux capitales. Les deux parties considèrent la santé comme un domaine à faible risque et à fort impact, capable d’illustrer la solidarité Sud-Sud tout en apportant des bénéfices concrets pour les patients congolais et la science médicale cubaine.

Médecins cubains dans les services congolais

Depuis plusieurs années, des médecins et infirmiers cubains travaillent dans les blocs opératoires, les maternités et les cliniques rurales à travers la République du Congo. Leur présence a soulagé la pression sur les équipes locales surchargées et a introduit des protocoles testés dans des environnements tropicaux similaires.

La liste des professionnels cubains couvre désormais des domaines tels que la chirurgie, la pédiatrie et l’épidémiologie. Selon les responsables, cet arrangement reste financièrement viable car Cuba regroupe la rémunération, le logement et la formation linguistique dans un forfait prévisible conjointement supervisé par les deux gouvernements.

Amélioration des compétences médicales locales

Au-delà des soins au chevet du patient, La Havane a ouvert ses amphithéâtres aux médecins, pharmaciens et ingénieurs biomédicaux congolais. De nombreux boursiers terminent actuellement des résidences dans des institutions cubaines, se formant sur les maladies à transmission vectorielle, les soins néonatals et les techniques d’imagerie médicale non disponibles dans leur pays.

Les responsables affirment que l’accent mis sur la formation reflète un objectif stratégique : retenir le personnel qualifié au Congo une fois de retour. Le ministère de la Santé élabore des programmes d’incitation qui lient les promotions et le financement de la recherche aux diplômés s’engageant à travailler dans les hôpitaux régionaux pendant au moins cinq ans.

Focus sur le fardeau du paludisme

Le paludisme, toujours l’une des principales causes de mortalité au Congo, a dominé une partie des discussions à La Havane. Les parties ont examiné les protocoles cubains de lutte antivectorielle, incluant l’éducation communautaire et les campagnes de larvicides conçues à l’Institut Pedro Kourí, un établissement longtemps cité pour ses avancées contre les maladies tropicales.

Les négociateurs congolais ont exprimé leur intérêt pour tester ces mesures dans les régions du Pool et de la Cuvette, où le terrain marécageux favorise la reproduction des moustiques. Une commission technique mixte, dirigée par des épidémiologistes des deux pays, affinera les calendriers une fois les lignes budgétaires approuvées à Brazzaville.

Les responsables de la santé congolais ont noté que Cuba a interrompu la transmission locale du paludisme il y a des décennies, présentant le bilan de l’île comme un modèle à adapter. Bien que l’éradication complète reste un objectif lointain, la délégation a exprimé sa confiance dans le fait que la mortalité peut être fortement réduite grâce à un traitement combiné et une surveillance basée sur les données.

Voies pour une coopération élargie

La réunion a également exploré de nouveaux axes thématiques tels que la télémédecine, la fabrication pharmaceutique et la préparation aux situations d’urgence. La maîtrise cubaine de la production de médicaments génériques pourrait, selon les responsables, compléter le plan naissant du Congo d’incuber des startups pharmaceutiques locales dans la zone économique spéciale de Pointe-Noire.

Un autre point à l’étude est un programme de stages réciproques permettant aux étudiants cubains en biomédecine d’effectuer des travaux sur le terrain dans les provinces congolaises. Les diplomates estiment que de tels échanges approfondiraient les liens culturels et dissiperaient la perception d’un transfert unilatéral d’expertise.

Le financement reste au cœur de la conversation. Les responsables ont déclaré que les deux gouvernements privilégient des mécanismes combinés mêlant fonds publics, crédits concessionnels et investissements privés obtenus via l’unité de partenariat public-privé du Congo. Cette approche devrait protéger les budgets sensibles de la santé tout en maintenant un flux de trésorerie prévisible pour les projets.

Notamment, la rencontre de La Havane s’est déroulée un jour avant l’inauguration par le Congo de sa nouvelle chancellerie d’ambassade dans la capitale cubaine, soulignant ce que les diplomates qualifient de posture pangouvernementale. Le dossier de la santé surfe donc sur une vague plus large d’engagement couvrant l’éducation, le sport et la diplomatie culturelle.

De retour à Brazzaville, le ministère de la Coopération internationale devrait présenter une feuille de route de mise en œuvre au gouvernement dans les prochaines semaines. Les initiés anticipent un suivi basé sur des jalons, avec des revues de progrès programmées avant la prochaine réunion de la commission mixte prévue l’année prochaine à Pointe-Noire.

Le partenariat s’aligne sur le plan national de développement, qui liste le capital humain et la santé publique parmi ses piliers stratégiques. Le renforcement des infrastructures hospitalières grâce à des partenaires étrangers de confiance est considéré comme une voie pragmatique pour atteindre ces objectifs.

Alors que les ministres se séparaient à La Havane, les responsables des deux côtés ont décrit les discussions comme productives mais disciplinées, mettant en garde que l’exécution déterminera le succès. Néanmoins, la détermination à traduire la bonne volonté diplomatique en blocs opératoires et cliniques communautaires semble plus forte qu’elle ne l’a été depuis des années.

Réactions des parties prenantes

L’Association médicale congolaise a accueilli favorablement la feuille de route mais a souligné la nécessité d’une maintenance des équipements et d’un approvisionnement régulier en médicaments pour pleinement bénéficier de l’expertise cubaine. Les représentants ont déclaré que les résultats chirurgicaux ont tendance à stagner lorsque les consommables s’épuisent ou que les appareils d’imagerie restent inactifs par manque de pièces détachées.

Les groupes de la société civile axés sur la lutte contre le paludisme poussent également pour un engagement communautaire plus fort. Ils soutiennent que le succès reposera sur l’adoption par les ménages de moustiquaires imprégnées et l’élimination des eaux stagnantes, des tâches qui nécessitent une éducation persistante parallèlement aux accords de haut niveau signés à La Havane.

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