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Congo-Brazzaville
mercredi, février 4, 2026

Congo Scholars Call Youth to Shape National Decisions

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Le forum de Brazzaville met en lumière la politique inclusive

Le 17 décembre, des enseignants de l’Université Marien Ngouabi ont accueilli des étudiants, des responsables et des militants pour le premier « Café citoyen » à Brazzaville, un forum de discussion conçu pour faire passer rapidement les idées des débats sur le campus aux couloirs du gouvernement.

Les intervenants ont plaidé pour une inclusion plus large des femmes, des jeunes et d’autres groupes sous-représentés, affirmant que la force démocratique du Congo dépend du nombre de voix qui façonnent les projets de politique, et pas seulement du nombre de bulletins comptés par la suite.

Le fossé entre le poids démographique des jeunes et leur faible participation électorale

En citant les chiffres 2024 de l’Institut National de la Statistique, un sociologue politique a rappelé à l’assemblée que les citoyens de moins de trente ans représentent environ soixante-seize pour cent de la population, mais ne comptent que pour à peine dix pour cent de l’engagement politique formel à l’échelle nationale.

Cet écart, a-t-il averti, sape la précision des programmes sur l’emploi, la formation numérique ou le logement, car les personnes les plus concernées siègent rarement aux tables de négociation où les budgets sont fixés.

Il a exhorté les associations universitaires à transformer les projets communautaires en propositions formelles soumises aux conseils et au parlement, insistant sur le fait que « la jeunesse n’attend pas ; les institutions doivent apprendre à rattraper leur retard ».

Le rôle des médias pour amplifier les voix de la base

Un enseignant s’est tourné vers le paysage médiatique national, exhortant les rédacteurs en chef à donner du temps d’antenne et des colonnes aux citoyens ordinaires évaluant les choix du gouvernement, et pas seulement aux porte-parole des partis annonçant des décisions finalisées.

« Nous ne pouvons pas parler de démocratie sans parler de ceux qui vivent avec ses résultats », a-t-il déclaré, ajoutant que les plateformes de médias sociaux, malgré leur bruit, ont déjà élargi le périmètre de la participation en supprimant les contraintes géographiques et horaires.

Il a encouragé les écoles de journalisme à intégrer des modules de reportage basés sur les données afin que les débats sur les budgets, la santé ou la politique environnementale soient fondés sur des preuves accessibles aussi bien aux électeurs novices qu’aux législateurs expérimentés.

Mesurer les progrès et les lacunes démocratiques du Congo

Un spécialiste de la gouvernance a présenté un audit nuancé du système politique, reconnaissant la pérennité des institutions républicaines, des garanties constitutionnelles et d’un cadre multipartite qui a survécu à des cycles électoraux successifs.

Il a fait valoir que l’augmentation de la participation pourrait donc nécessiter une « démocratie au quotidien », avec des conseils locaux publiant les ordres du jour à l’avance et des ministères faisant état des progrès de la mise en œuvre, afin que la participation devienne une habitude routinière plutôt qu’un rendez-vous quinquennal.

Réhabiliter les valeurs ancestrales pour une gouvernance moderne

De retour à la tribune, un intervenant a invité les participants à imaginer un modèle « proprement congolais » s’inspirant des pratiques ancestrales de spiritualité, de respect des aînés et de solidarité collective, des principes qui structuraient autrefois les délibérations villageoises et pourraient encore inspirer les chartes nationales.

Une telle approche, a-t-il soutenu, ne s’opposerait pas à la démocratie constitutionnelle mais l’enrichirait en présentant le leadership comme un service, une notion inscrite dans les rites de passage traditionnels qui obligent les aînés à protéger les plus jeunes.

Les participants de la société civile ont fait écho à cette idée, suggérant que des réunions de type palabre communautaire pourraient être institutionnalisées au niveau des quartiers, offrant aux citoyens une plateforme familière pour soumettre leurs préoccupations avant qu’elles ne se transforment en griefs.

Les données d’Afrobarometer éclairent les cafés citoyens

La série de discussions fait suite à une enquête Afrobarometer qui a cartographié les perceptions de la démocratie à travers le Congo, notant une forte approbation du pluralisme mais une satisfaction moindre concernant l’influence quotidienne sur les politiques.

Les organisateurs prévoient d’organiser les prochains cafés à Pointe-Noire et dans les capitales départementales, espérant que des conversations récurrentes et fondées sur des preuves tisseront un vocabulaire commun entre les chercheurs universitaires, les organisateurs de terrain et les administrateurs publics.

Convergence entre gouvernement, société civile et universités

Des représentants de plusieurs ministères ont assisté à la session inaugurale, prenant des notes alors que les étudiants interrogeaient les allocations budgétaires pour la formation professionnelle et les infrastructures numériques, un échange que les participants ont décrit comme une répétition constructive de la gouvernance inclusive envisagée par l’agenda de développement du Congo.

Bien que le café se soit terminé après trois heures, les organisateurs ont déclaré que l’élan se poursuivrait en ligne, où des groupes de discussion et des rediffusions de webinaires visent à maintenir les débats en vie jusqu’à ce que la prochaine réunion physique ajoute de nouvelles données et de nouvelles voix à l’expérience démocratique.

L’éducation civique ravive l’engagement en classe

Au sein de l’université elle-même, des membres du corps enseignant ont annoncé des plans pour intégrer des modules d’alphabétisation civique dans l’orientation de première année, enseignant aux étudiants comment lire une ligne budgétaire, suivre les débats parlementaires et soumettre des notes de politique avant même d’obtenir leur diplôme.

Les enseignants pensent qu’une telle exposition précoce peut démystifier les structures de gouvernance, contrer l’apathie des électeurs et créer un vivier de talents pour les conseils municipaux qui ont souvent du mal à recruter des technocrates formés à la consultation publique.

Les outils numériques étendent la conversation

Des développeurs du pôle technologique de l’université se sont portés volontaires pour construire une plateforme open source où les ordres du jour, les résultats d’enquêtes et les projets de politique discutés à chaque café peuvent être téléchargés, commentés et mis aux voix, produisant des boucles de retour transparentes pour les organisateurs et les agences publiques.

Le prototype, selon les organisateurs, devrait être mis en ligne début de l’année prochaine, garantissant que l’esprit inclusif célébré à Brazzaville puisse être mesuré par des statistiques d’utilisation plutôt que par des applaudissements seuls.

Lier les propositions à la planification nationale

Les responsables ministériels présents ont promis de transmettre les propositions au Comité interministériel des affaires civiques, notant qu’une base de données partagée des priorités communautaires pourrait aider à synchroniser les plans de développement nationaux avec les Objectifs de Développement Durable déjà adoptés par le gouvernement.

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