La 17ème journée de L1 met en lumière les talents congolais
De la côte atlantique de Nantes aux ovations méditerranéennes de Marseille, plusieurs internationaux congolais et espoirs binationaux ont ouvert le calendrier 2026 de la Ligue 1 avec des prestations allant de dominatrices à plus discrètes, offrant de nouveaux indices sur la profondeur du vivier footballistique du Congo-Brazzaville.
La 17ème journée a produit une victoire extérieure significative pour le FC Nantes, un derby parisien serré et des rebondissements tardifs sur la côte de la Manche, chacun impliquant des joueurs éligibles pour les Diables Rouges. Les sélectionneurs ont suivi de près, conscients que la Coupe d’Afrique des Nations n’est plus qu’à quelques semaines.
Nantes surprend Marseille avec Tati en pivot de la défense à cinq
Dans le sud, Nantes a créé la surprise en battant l’Olympique de Marseille 2-0 dans un Vélodrome en effervescence, protégeant son avantage précoce avec une défense à cinq compacte orchestrée par Tylel Tati, 20 ans. Le défenseur central, formé à l’Académie Tchikapik, a rarement semblé en difficulté, remportant trois duels aériens et dégageant deux fois sur sa ligne.
« Il anticipe le danger tôt et reste calme sous la pression », a déclaré l’entraîneur après le match, notant que Tati a également réussi 88% de ses passes malgré les sifflets du Vélodrome. Le quotidien sportif a attribué au défenseur né à Brazzaville une note de sept, supérieure à celle de tout autre joueur de champ nantais.
Juste devant lui, le milieu défensif Junior Mwanga a couvert le terrain sans relâche, notamment face aux déplacements intérieurs de Mason Greenwood. Le tacle proactif de Mwanga lui a valu un carton jaune à la 33ème minute, mais le diplômé de l’académie de Bordeaux a terminé avec neuf récupérations, le plus haut total de son équipe selon les statistiques OPTA publiées dans la nuit.
Des points positifs pour les talents congolais dans le derby parisien
Marseille, réduit à dix hommes après l’expulsion de Jordan Veretout, n’a pas fait appel à Darryl Bakola depuis le banc. L’avant-centre de 18 ans, qui a fait ses débuts avec les U-23 congolais en mars dernier, a regardé ses coéquipiers lutter pour percer le bloc nantais, rappelant la concurrence féroce pour les minutes de jeu en attaque.
Dans la capitale, le Parc des Princes a accueilli son premier derby parisien officiel depuis deux décennies. Le Paris FC a résisté pendant une heure mais s’est incliné 2-1 face au champion, le PSG. Le latéral droit Nhoa Sangui, repositionné sur le côté opposé, a contenu Nuno Mendes avant que la fatigue ne s’installe.
« Jouer arrière gauche depuis la pré-saison m’aide à m’inverser rapidement », a déclaré Sangui dans la zone mixte. Ses chiffres de progression du jeu – quatre conduites de balle vers le dernier tiers – étaient les meilleurs parmi les défenseurs du Paris FC, un signe encourageant alors que le sélectionneur national Isaac Ngata examine ses options pour le poste de piston avant les qualifications de juin.
Rôle de remplaçant pour Mantsounga et Nzingoula
Sur le banc des locaux, Brad-Hamilton Mantsounga, diplômé du centre de formation du PSG, est resté remplaçant non utilisé, tandis que Rabby Nzingoula de Strasbourg a connu la même frustration lors du match nul 1-1 à Nice. Les deux espoirs défensifs ont cumulé moins de 150 minutes en professionnel cette saison, mais conservent un fort potentiel selon leurs entraîneurs.
Le manager de Nice a déclaré que le club « gérait avec soin » la transition de Mantsounga du niveau jeune, évoquant un travail de renforcement physique prévu pendant la trêve hivernale. En Alsace, l’entraîneur de Strasbourg a salué la « maturité à l’entraînement » de Nzingoula, suggérant que des opportunités pourraient se présenter une fois le calendrier chargé de février commencé.
Matondo obtient des minutes, Locko décisif en fin de match
En Bretagne, Rudy Matondo d’Auxerre, frère cadet de l’ailier international Silvère, a débuté sur l’aile droite mais a connu un après-midi difficile lors de la défaite 2-0 à Brest. Remplacé à l’heure de jeu, le joueur de 19 ans a réussi 17 passes, mais n’a pas réussi à être impliqué dans une seule frappe.
Son vis-à-vis Bradley Locko, qui partage des racines congolaises mais représente actuellement les U-21 français, est entré en jeu au poste d’arrière gauche à la 86ème minute et a aidé Brest à préserver le clean sheet. Selon le staff, le dossier de Locko reste ouvert avec la fédération congolaise, bien qu’aucune demande formelle de changement n’ait été déposée.
Zinga brille dans les buts au Havre
Le dernier titre du jour concernait le gardien Melvin Zinga, propulsé dans le onze de départ d’Angers au Havre car le titulaire Jean-Louis Leca et l’international ivoirien Koffi sont en stage de CAN. Zinga a réalisé cinq arrêts, dont un arrêt à bout portant sur Josué Casimir, mais Angers s’est incliné 2-1.
L’entraîneur a salué le « leadership dans un environnement hostile » du gardien franco-congolais, laissant entendre qu’il conserverait les gants tant que Koffi sera à l’étranger. L’entraîneur des gardiens a ajouté que la relance de Zinga – 26 longues passes précises – correspond au style de possession que le club souhaite parfaire ce printemps.
Zinga, dont la mère est originaire de Pointe-Noire, a déclaré qu’il restait « disponible si le Congo l’appelle », mais préfère se concentrer sur sa forme en club avant de prendre une décision internationale. Son émergence renforce un poste où le vétéran Christoffer Mafoumbi avait débuté les deux derniers matches de qualification.
La course à la sélection pour la CAN s’intensifie
Avec le tournoi continental à l’horizon, le sélectionneur national Paul Put publiera une liste provisoire le mois prochain. Les minutes de jeu en Ligue 1, comme celles accumulées par Tati, Mwanga ou Zinga, pourraient peser lourd, d’autant que plusieurs titulaires basés en Europe font face à des situations de club incertaines ou à une fatigue de fin de saison.
Pour les supporters de Brazzaville et Pointe-Noire, ce week-end mitigé a servi à la fois de réconfort et d’avertissement : le talent est abondant, les opportunités moins. Le temps de jeu régulier d’ici à la mi-février pourrait déterminer qui embarque pour la CAN et qui suivra de loin.