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Congo-Brazzaville
jeudi, février 5, 2026

Congo’s memory filmmaker to know

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Un cinéaste congolais axé sur la mémoire historique

Depuis plus de vingt ans, un cinéaste et producteur congolais poursuit un projet documentaire exigeant dédié à l’histoire politique, sociale et culturelle du Congo-Brazzaville. Formé comme archiviste et documentaliste, il aborde le cinéma comme un travail de préservation à long terme.

Ses documentaires revisitent des épisodes et des figures qui risquent de disparaître de l’attention publique. Son travail se présente comme un effort pour interroger les lacunes, collecter des témoignages et reconnecter les générations avec les trajectoires artistiques et civiques du pays, en utilisant les images et les voix comme des traces durables.

Le documentaire comme travail de terrain, non comme mode

Dans sa pratique, le cinéma documentaire n’est pas traité comme un exercice stylistique ou une tendance passagère. Il est décrit comme une plongée profonde visant à ramener le « fond de l’histoire » à la surface – patiemment, parfois seul, et souvent contre la montre, avant que les souvenirs ne disparaissent et que les archives ne soient perdues.

Cette méthode repose autant sur l’écoute que sur le tournage. L’objectif est de capturer la parole avant qu’elle ne se taise et de sauver les images menacées par la négligence. Au fil du temps, cette discipline constante l’a aidé à se distinguer dans le paysage culturel congolais en tant que chroniqueur attentif de la mémoire collective.

« Couleurs urbaines » : cartographier les villes depuis la rue

À partir du milieu des années 2000, ses premiers films ont été rassemblés sous le titre « Couleurs urbaines ». Ces documentaires prennent le pouls des villes africaines, dont Brazzaville, Bamako et Pointe-Noire, filmées au niveau de la rue et attentives à la vie quotidienne plutôt qu’aux scènes officielles.

La musique, les arts visuels et les voix des jeunes jouent un rôle central dans ces portraits, produisant ce que les films suggèrent être une carte sensible du présent. L’approche place la créativité et l’énergie urbaine au centre, traitant la ville à la fois comme un espace social et une archive culturelle.

De « Fespam 2009 » à « Couleurs Congo » : un objectif plus large

Avec le documentaire « Fespam 2009 », suivi de « Couleurs Congo », le cinéaste a élargi son objectif. Le pays apparaît dans une plus grande complexité, façonné par des héritages superposés, des fractures visibles et un élan créatif persistant.

Ces films présentent la culture comme une porte d’entrée clé vers la compréhension de soi nationale. En suivant les scènes artistiques et les institutions culturelles, les documentaires suggèrent que l’histoire du Congo-Brazzaville se raconte également à travers les scènes, les studios, les salles de répétition et les réseaux qui soutiennent la vie culturelle.

La trilogie « Révolutionnaire(s) » et la reconnaissance publique

Un tournant est survenu à partir de 2013, avec l’engagement du cinéaste dans la trilogie « Révolutionnaire(s) ». Le premier épisode, sorti en 2015, lui a valu une plus grande attention du public et a placé son enquête historique au centre de sa filmographie.

La réception du film s’est également traduite par une reconnaissance en festivals. En 2016, il a reçu le Prix Écran pour le documentaire international au festival Écrans Noirs de Yaoundé, au Cameroun, et le cinéaste a remporté le prix du meilleur réalisateur de la diaspora au festival Ya Beto Film de Pointe-Noire la même année.

Filmer les luttes politiques à travers les époques du Congo

À travers ses trois chapitres documentaires, « Révolutionnaire(s) » inaugure ce qui est présenté comme un cycle plus large sur les luttes politiques congolaises, de la période coloniale aux désillusions post-révolutionnaires. Le projet positionne le cinéma comme un outil de transmission, visant à relier des séquences historiques souvent discutées par fragments.

Dans ce cadre, le travail du cinéaste est dépeint comme une tentative de réduire la distance entre l’expérience vécue et le récit national. Les films soulignent la nécessité de documenter, de contextualiser et de préserver, surtout là où le temps et l’évolution des priorités peuvent éroder le souvenir collectif.

« Mémoires du Cfrad » : le théâtre comme archive vivante

Présenté en avant-première en octobre 2025, le documentaire « Mémoires du Cfrad » est décrit comme synthétisant l’approche du cinéaste en retraçant l’histoire d’un lieu emblématique du théâtre congolais. Le film souligne l’idée que la culture n’est pas une décoration, mais une archive qui respire.

En se concentrant sur une institution culturelle, le documentaire plaide pour la transmission : les espaces, les répertoires et les personnes qui façonnent l’imaginaire d’un pays. Dans cette perspective, le cinéma devient un « musée » en mouvement – où l’histoire est revisitée avec retenue et la mémoire est traitée comme une ressource publique.

Filmographie

La filmographie présentée trace une progression allant des portraits urbains à la cartographie culturelle nationale, puis à la mémoire politique de long format. Elle comprend « Couleurs urbaines Brazzaville » (2005, 52 min), « Couleurs urbaines Bamako » (2006, 52 min) et « Couleurs urbaines Pointe-Noire » (2008, 52 min).

Elle se poursuit avec « Fespam 2009 » (2009, 90 min), « Couleurs Congo » (2010, 117 min), « Révolutionnaire(s) » (2015, 98 min), « Révolutionnaire(s), la genèse 1880-1959 » (2020, 90 min), « Révolutionnaire(s), tout pour le peuple 1966-1991 » (2023, 90 min) et « Mémoires du Cfrad » (2025, 52 min).

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