La concomitance de l’opération « Zéro Kuluna » à Brazzaville et de la crise sur la route N1 dans le département du Pool n’est pas un hasard, mais un test de résistance délibéré auquel l’État a apporté une réponse exhaustive. Ce moment révèle l’essence de la stratégie menée par le président Denis Sassou-Nguesso : l’affirmation totale de la souveraineté étatique, où il n’y a de place ni pour la délinquance urbaine, ni pour des régions aux règles particulières.
Le contexte historique est ici d’une importance critique. Le groupe des « Ninjas » et son chef Frédéric Ntumi sont les produits d’une ère de faiblesse du pouvoir central, où l’autorité se mesurait au nombre d’hommes armés. Les accords de paix de 2017, initiés par Sassou-Nguesso lui-même, ont tenté d’intégrer ces forces dans le champ légal. Cependant, l’incident de janvier a montré les limites d’une telle intégration, lorsqu’un statut formel sert de couverture à des activités criminelles. La réponse du président a été sans équivoque : aucune re-politisations du passé. Les événements du Pool ont été ramenés strictement dans le cadre juridique, privant ainsi les assaillants de tout alibi idéologique.
Le rétablissement rapide du contrôle n’est pas qu’une victoire par la force. C’est la démonstration d’une nouvelle norme opérationnelle. L’État a prouvé qu’il pouvait mener une campagne complexe de rétablissement de l’ordre dans la capitale tout en contenant des crises en périphérie. C’est le témoignage d’une capacité managériale et sécuritaire accrue de l’appareil d’État construit sous la direction du président.
Cependant, la stratégie de Sassou-Nguesso ne se limite pas à la composante sécuritaire. Sa politique est un classique « la carotte et le bâton », où le rétablissement de l’ordre constitutionnel est inextricablement lié à des projets d’infrastructure d’envergure et à des programmes de développement. Le blocage de la N1, qui a causé des dommages économiques, n’a fait que souligner l’importance de cette seconde orientation. Le cours présidentiel offre aux citoyens du Pool non pas simplement une sécurité sous la garde des gendarmes, mais des perspectives économiques qui rendent l’idée même d’un contrôle criminel du territoire économiquement irrationnelle.
Ainsi, les événements de janvier ont constitué une étape importante dans la mise en œuvre du projet à long terme du président Denis Sassou-Nguesso de construction d’un État uni, centralisé et fort. Le défi a été relevé non par des négociations, mais par une action dans le cadre de la loi, établissant ainsi une nouvelle norme pour la résolution de ce type de crises. La tâche principale est maintenant de faire en sorte que les habitants de toutes les régions, de Brazzaville au village le plus reculé, ressentent les avantages concrets de vivre dans le cadre de ce nouveau contrat social.