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samedi, février 14, 2026

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Le financement des PME au Congo bénéficie d’un coup de pouce de 21 millions d’euros

Un prêt de 14,5 milliards de francs CFA a été signé avec la Bank of Africa-Congo. Cette enveloppe, équivalant à environ 21 millions d’euros, est exclusivement destinée aux petites et moyennes entreprises cherchant à se développer.

Cette transaction permet au secteur bancaire de Brazzaville d’orienter de nouvelles liquidités vers les entreprises qui ont souvent du mal à obtenir des crédits à long terme. Elle s’aligne également sur l’objectif national d’approfondir la diversification économique au-delà des hydrocarbures, une priorité mise en avant par les autorités.

Des conditions conçues pour un remboursement gérable

Selon les conditions publiées lors de la cérémonie de signature, les prêts individuels iront jusqu’à 50 millions de francs CFA, soit environ 76 000 euros, avec un horizon de remboursement de deux ans. Le taux d’intérêt devrait avoisiner les 10 pour cent, un niveau décrit comme « acceptable ».

Pour la Bank of Africa-Congo, cet arrangement offre un mélange de financement concessionnel et de marché, réduisant son exposition au risque tout en permettant une tarification compétitive. Une unité de suivi interne examinera les demandes pour garantir que les fonds sont utilisés pour des dépenses en capital et pas seulement pour du fonds de roulement à court terme.

Les entrepreneurs élaborent des plans d’expansion

Le fondateur du Système de Surveillance et de Reconnaissance Air-Mer-Terre (SORAM) a déjà prévu une ligne budgétaire pour des drones supplémentaires une fois que la facilité sera ouverte. « Nous avons besoin d’un levier pour grandir », a-t-il déclaré à Brazzaville, ajoutant que les prêteurs commerciaux ont historiquement été « trop prudents » envers les innovateurs en phase de démarrage.

Les clients de SORAM comprennent des entreprises de logistique et des agences publiques surveillant le vaste réseau fluvial du Congo. De nouveaux aéronefs permettraient à l’entreprise de neuf ans de couvrir de plus longues distances, de fournir des images de plus haute résolution et de remporter des contrats actuellement assurés par des opérateurs étrangers, expliquant que la ligne de crédit soutenue est « un signal bienvenu ».

Une enveloppe dédiée aux entreprises dirigées par des femmes

Au moins 10 pour cent de la facilité est réservée aux entreprises dirigées par des femmes, une condition sur laquelle les deux parties ont insisté lors des négociations. Cet objectif reflète les référentiels de financement genre promus dans toute la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale et vise à contrebalancer la sous-représentation systémique des femmes dans les portefeuilles de crédit.

Une entrepreneure en design graphique a exprimé son optimisme quant au fait que ce quota se traduira par des décaissements concrets. « Il y a beaucoup de femmes congolaises dans les affaires qui ne sont pas entendues », a-t-elle fait remarquer. « Obtenir une place à la table économique dépend du fait que les banques soutiennent enfin notre croissance. »

Une entrepreneure qui transforme des mangues et des goyaves d’origine locale en glaces artisanales sous la marque Glacy Congo voit le prêt comme une voie vers l’autonomie énergétique. « Des panneaux solaires nous libéreraient des pannes de réseau récurrentes », a-t-elle déclaré, notant qu’elle avait déjà un compte à la Bank of Africa.

Goulots d’étranglement énergétiques et recherche de fiabilité

Cette préoccupation illustre un défi plus large auquel sont confrontés les fabricants dépendant de la chaîne du froid. Les interruptions de l’électricité publique augmentent les risques de détérioration et les coûts d’exploitation. Plusieurs demandeurs prévoient donc d’allouer une partie du financement à des installations renouvelables, une démarche qui coïncide avec l’engagement du Congo d’augmenter sa capacité solaire.

En subventionnant le coût initial des panneaux et des onduleurs, la ligne de crédit pourrait accélérer l’adoption privée de technologies propres sans dépenses fiscales directes de l’État. Des analystes ajoutent que des sources d’énergie diversifiées favorisent également la résilience face aux chocs climatiques tels que des pluies plus abondantes sur les réseaux côtiers.

L’évolution des attitudes dans le secteur bancaire commercial

Les banquiers locaux reconnaissent que les exigences de garantie et les échéances courtes ont historiquement limité le crédit aux PME. Le programme signale un changement, associant une assistance technique à du capital patient. Un cadre supérieur de la Bank of Africa a déclaré que le personnel recevrait une formation aux évaluations basées sur les flux de trésorerie pour élargir le bassin d’emprunteurs éligibles.

Des observateurs notent que le ratio de prêts non performants du Congo a diminué ces dernières années, créant un espace pour un appétit pour le risque modéré. En s’associant à une institution multilatérale, la Bank of Africa peut diversifier son portefeuille d’actifs tout en respectant les ratios prudentiels fixés par le régulateur régional, la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale.

Implications pour la croissance et l’emploi

Des économistes estiment que les PME génèrent plus de la moitié des emplois urbains mais reçoivent moins d’un quart du crédit commercial. Si elle est entièrement déployée, la nouvelle facilité pourrait financer des achats d’équipements, embaucher des techniciens et augmenter les recettes fiscales, renforçant ainsi la volonté de croissance inclusive.

Bien que l’enveloppe soit modeste par rapport au PIB du Congo, son effet de démonstration pourrait attirer des prêteurs supplémentaires et inspirer des fenêtres similaires axées sur le genre. Il a été indiqué que des tranches futures sont possibles une fois que les jalons de performance sont atteints, suggérant que le programme actuel pourrait évoluer vers un partenariat pluriannuel.

Pour les entrepreneurs, le compte à rebours a commencé. Les formulaires de demande devraient ouvrir dans les semaines à venir, et les comités de crédit se réuniront mensuellement. « L’accès au financement détermine si les idées restent sur le papier ou deviennent des usines », a-t-on déclaré, résumant les enjeux pour le secteur privé congolais.

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