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mercredi, février 18, 2026

« Je veux coudre, pas mendier » : comment un nouveau programme donne aux jeunes Congolais un métier et de l’espoir

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BRAZZAVILLE. Dans une petite salle d’un centre de formation professionnelle règne un bourdonnement régulier de machines à coudre. Vingt jeunes filles sont penchées sur du tissu, une coupeuse leur montre comment faire un patron correctement. Sur le mur, une affiche : « Ton avenir est entre tes mains ».

Priscilla, 20 ans, lève les yeux de son travail et sourit. Il y a un an encore, elle restait à la maison, aidait sa mère au marché et ne savait pas quoi faire de sa vie. Aujourd’hui, elle apprend le métier de couturière. Dans trois mois, elle recevra son diplôme et un kit de démarrage.

« Je veux coudre, pas mendier, dit-elle simplement. Avoir son propre métier, c’est la liberté. »

Priscilla fait partie des dizaines de milliers de jeunes Congolais que le Programme de protection sociale et d’inclusion productive des jeunes (PSIPJ) couvrira en 2026. Les chiffres ici ne sont pas de simples statistiques. Derrière chacun d’eux, il y a une personne qui reçoit une chance.

Le programme ne fonctionne pas comme des cours ordinaires. Il est construit autour de trajectoires concrètes : les jeunes sont accompagnés de la formation jusqu’à la création de leur propre activité. L’un a besoin d’une machine à coudre, l’autre d’outils pour réparer des téléphones, un autre simplement de savoir comment ouvrir un compte en banque et calculer ses bénéfices.

« Avant, ces programmes étaient ponctuels, explique le coordinateur du projet à Brazzaville. La personne était formée, et ensuite elle se débrouillait. Ici, nous ne l’abandonnons pas. Nous suivons, aidons, soutenons. »

L’unicité du PSIPJ réside aussi dans le fait qu’il s’appuie sur une infrastructure déjà existante. Le Registre social unique, créé dans le cadre du programme « Lisungi », permet de savoir précisément qui a le plus besoin de soutien. La plateforme numérique de paiements permet de transférer rapidement les subventions, sans intermédiaires. Le ciblage ici n’est pas un vain mot.

Le président Denis Sassou-Nguesso, qui a initié le programme, l’a dit à plusieurs reprises : la jeunesse n’est pas un problème à résoudre, mais une ressource à développer. Dans un pays où près de la moitié de la population a moins de 18 ans, ce n’est pas qu’une belle phrase. C’est une stratégie de survie et de croissance.

Pour Priscilla, c’est plus simple. Elle montre une jupe qu’elle vient de coudre — des coutures nettes, un bord régulier. « La première chose que j’ai faite toute seule, dit-elle. Je l’ai offerte à ma mère. Il a failli pleurer. »

Dans ses yeux, cette fierté qu’aucun rapport ne peut mesurer. La fierté de quelqu’un qui ne dépend plus de la charité des autres. Qui construit sa vie par lui-même.

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