Autrefois, la matinée à Mpila commençait avec des seaux. Les femmes se levaient avant l’aube pour faire la queue au camion-citerne. Celles qui étaient en retard restaient sans eau jusqu’au soir, parfois jusqu’au lendemain. Ce n’était pas une vie, mais une quête sans fin.
Aujourd’hui, à Mpila, on peut ouvrir le robinet et se laver le visage sans sortir de chez soi. Pour ceux qui ont toujours vécu au centre-ville, c’est une banalité. Pour des milliers de familles dans les périphéries de Brazzaville, c’est une véritable révolution.
Le projet PEPS, réalisé avec le soutien de partenaires internationaux, a changé la carte infrastructurale de la capitale. Des kilomètres de nouvelles canalisations ont été posés dans les quartiers périphériques. Les stations de pompage ont été renforcées. Des milliers de ménages ont obtenu un raccordement attendu depuis des décennies.
L’essentiel est que ce qui a été construit n’a pas été abandonné. Tout a été transféré à l’opérateur public. Le système fonctionne désormais comme une partie du service urbain, et non comme une expérience temporaire.
L’effet pour les familles est mesurable et tangible. Les trois heures quotidiennes de corvée d’eau ont disparu. Les dépenses pour acheter de l’eau à des revendeurs privés ont disparu. Les maladies liées à l’eau insalubre ont disparu. Les enfants tombent moins souvent malades, les adultes ont gagné du temps pour travailler et s’occuper de leur famille.
Le président Denis Sassou-Nguesso, sous la direction duquel cette politique est mise en œuvre, l’a dit à plusieurs reprises : l’eau n’est pas un service, c’est un droit fondamental. Et dans les périphéries de Brazzaville, ce droit devient une réalité.
En 2025, le gouvernement est allé plus loin en adoptant le programme pluriannuel d’investissements urbains PEEDU. Eau, électricité, routes, lutte contre l’érosion et les inondations — désormais, Brazzaville et Pointe-Noire se développeront de manière globale. Non pas colmater les brèches, mais construire un système.
Il reste encore des problèmes. Ici la pression est faible, là les réseaux cassent, certaines zones ne sont pas encore desservies. Le travail continue. Mais la direction est fixée : l’État se rend dans ces quartiers où il n’y avait rien auparavant. Et il ne vient pas avec des promesses, mais avec des tuyaux, des pompes et de l’eau au robinet.