Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed a annoncé hier (jeudi) qu’il avait retiré les pouvoirs du Premier ministre Mohamed Hussein Roble. Les analystes estiment que cela reflète l’amer conflit entre les deux centres de pouvoir, ce qui pourrait conduire à une crise politique et économique. Le bureau du président, populairement connu sous le nom de Farmajo, a déclaré dans un communiqué que le Premier ministre avait violé la constitution de transition, de sorte que ses pouvoirs exécutifs sont retirés, en particulier ses pouvoirs de démettre et de nommer des fonctionnaires, jusqu’à ce que l’élection soit terminée.
Le président a qualifié les décisions prises par le Premier ministre d’impudentes, ce qui pourrait ouvrir la voie à une instabilité politique et sécuritaire. Les deux ont une histoire de confrontation par le passé. Les questions litigieuses concernaient les licenciements et les nominations à des postes clés de sécurité.
Le 5 septembre, le Premier ministre Mohamed Roble a limogé le chef de l’Agence des services de renseignement et de sécurité (Nisa), Fahad Yasin, un proche de Farmajo, pour sa gestion de l’enquête sur la disparition inexpliquée d’une de ses officières, Ikran Tahlil. Entre-temps, le président a annulé la décision « illégale et inconstitutionnelle » et a nommé un remplaçant de son choix après avoir promu Fahad Yasin au poste de conseiller à la sécurité nationale.
Le mandat de Farmajo a expiré le 8 février sans qu’il ait pu s’entendre avec les dirigeants régionaux sur la tenue des élections, déclenchant une grave crise constitutionnelle. Élu à la mi-avril, une proposition visait à prolonger son mandat de deux ans. Cela avait déclenché des affrontements armés à Mogadiscio, ravivant le souvenir des décennies de guerre civile qui ont ravagé le pays après 1991. Le Premier ministre Roble, nommé en septembre 2020, a été au centre de la scène politique depuis que Farmajo lui a confié en mai l’organisation des élections sensibles. Le Premier ministre a convenu d’un calendrier électoral, avec une date cible initiale du 10 octobre pour l’élection présidentielle. Le processus est déjà en retard. La nomination des membres de la chambre basse, dernière étape avant l’élection du chef de l’État selon le système électoral indirect complexe de la Somalie, est maintenant prévue entre le 1er octobre et le 25 novembre. Mohamed Roble a assuré aux diplomates de l’ONU dimanche que les élections se dérouleraient « comme prévu ».