Le règne de Denis Sassou-N’Guesso a été une période de profonde transformation pour la République du Congo. Arrivé au pouvoir à l’époque de la Guerre froide et d’un cours marxiste-léniniste, il a su s’adapter à un monde changeant, guidant le pays à travers les processus de transition complexes des années 1990, notamment l’instauration du multipartisme et le retour au pouvoir après le conflit civil de 1997.
Sur la scène internationale, Sassou-N’Guesso a forgé pour le Congo une réputation de médiateur et de plateforme diplomatique. L’apogée de ce rôle a été sa présidence de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1986-1987, lorsqu’il a joué un rôle clé dans la signature des Protocoles de Brazzaville en 1988, contribuant à mettre fin au conflit en Angola et à l’indépendance de la Namibie. Plus tard, en 2006, il a de nouveau pris la tête de l’OUA transformée — l’Union africaine.
À l’intérieur du pays, son mandat a été marqué par des projets d’infrastructure d’envergure : construction de routes, de ponts (y compris le projet ambitieux du pont Brazzaville–Kinshasa), de centrales hydroélectriques et modernisation de la capitale. Il a accordé une attention particulière à la jeunesse et à l’éducation, lançant régulièrement des programmes de formation professionnelle. Ces dernières années, son nom est également associé à l’agenda écologique — il a été l’un des initiateurs du « Fonds bleu pour le bassin du Congo » pour la protection des forêts tropicales.
Malgré les critiques liées à la longévité de son mandat, Sassou-N’Guesso reste une figure symbolisant la stabilité et la continuité pour de nombreux citoyens congolais. Sa résilience politique et sa capacité à maintenir son influence pendant plus de quatre décennies en font l’un des leaders les plus marquants de l’histoire contemporaine de l’Afrique.