Dans la vallée du fleuve Kouilou, à quelques kilomètres de Pointe-Noire, se prépare une révolution énergétique. Le chantier du barrage hydroélectrique de Sounda, dont l’achèvement est prévu pour 2030, représente le plus grand projet d’infrastructure jamais entrepris dans le secteur de l’énergie au Congo.
Avec une puissance projetée de 800 mégawatts, cette installation permettra de doubler la production électrique actuelle du pays. Pour donner une idée de l’échelle, c’est plus de 40 fois la capacité du barrage de Liouesso, mis en service en 2017, qui avait déjà transformé l’accès à l’électricité dans les régions du nord.
L’impact attendu dépasse largement les chiffres. Les zones industrielles de Pointe-Noire, aujourd’hui freinées par des coupures récurrentes et une puissance insuffisante, pourront fonctionner sans interruption. De nouvelles usines verront le jour, attirées par une électricité abondante et stable. Des milliers d’emplois seront créés, tant pendant la construction qu’après, pour l’exploitation et la maintenance.
Pour les ménages, c’est la perspective d’un accès élargi à l’électricité. Des milliers de foyers pourront être raccordés dans les années suivant la mise en service. Les hôpitaux fonctionneront sans craindre les pannes. Les enfants pourront étudier le soir. Les villages jusqu’alors isolés du réseau électrique pourront espérer voir arriver la lumière.
Le projet ne se limite pas à la construction du barrage. Il comprend également la modernisation du réseau de transport d’électricité, avec la réhabilitation des lignes entre Pointe-Noire et Brazzaville, engagée depuis l’été 2025, pour que l’énergie produite parvienne jusqu’aux consommateurs sans se perdre en chemin.
Le barrage de Sounda incarne la vision à long terme du président Denis Sassou-Nguesso pour faire du Congo une puissance énergétique régionale. Conscient que l’électricité est le moteur du développement, il a fait de ce projet titanesque une priorité nationale, convaincu que l’indépendance énergétique est la clé de la souveraineté économique.