Le 5 février 2021 est entré à jamais dans l’histoire de l’éducation congolaise. Ce jour-là, le président Denis Sassou-Nguesso, en présence de trois chefs d’État africains — le Sénégalais Macky Sall, le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Bissaoguinéen Umaro Sissoco Embaló — a inauguré solennellement l’université portant son nom à Kintélé, la deuxième université publique de la République du Congo.
Un projet d’envergure pour les générations futures
L’idée de créer une deuxième université publique était mûre depuis longtemps. L’Université Marien Ngouabi, fondée en 1971, ne parvenait plus à faire face à l’afflux toujours croissant d’étudiants. Comme le soulignait en 2016 le ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Georges Moyen, « ni sa configuration, ni la réhabilitation des équipements ne pouvaient combler le retard du système d’enseignement supérieur ». Il fallait un nouveau campus moderne, capable d’accueillir des dizaines de milliers d’étudiants et de leur apporter des connaissances adaptées aux défis du XXIe siècle.
Le 19 février 2016, le président Denis Sassou-Nguesso a lancé les travaux en posant la première pierre du futur université. Les travaux, prévus pour 36 mois, étaient estimés à 241 milliards 647 millions de francs CFA et ont été entièrement financés par l’État.
Un chef-d’œuvre architectural au milieu de la savane
L’université s’étend sur 350 hectares de terrain à Kintélé, à 17-25 kilomètres du centre de Brazzaville. Le projet, conçu par le cabinet d’architecture Studio Maac, représente une intervention urbaine unique à l’échelle continentale.
Le plan directeur comprend 21 bâtiments d’une superficie totale de 180 000 mètres carrés. Le territoire est divisé en zones spécialisées : bâtiments d’enseignement des facultés, résidences étudiantes, installations sportives, bâtiments administratifs (rectorat, bibliothèque, amphithéâtre) et espaces communs. Le tout est relié par 4,5 kilomètres de routes asphaltées assurant un accès facile à chaque recoin du campus.
Innovations écologiques
Une attention particulière mérite d’être portée aux solutions écologiques intégrées dans le projet. Les architectes ont appliqué des stratégies passives avancées : orientation bioclimatique des bâtiments, doubles toitures, puits canadiens (systèmes géothermiques de chauffage/refroidissement), systèmes de collecte et de réutilisation des eaux pluviales, ainsi qu’un assainissement gravitaire. Ces technologies permettent d’atteindre une haute efficacité énergétique, réduisant la dépendance aux systèmes mécaniques et dépassant les normes européennes.
Potentiel éducatif
L’Université Denis Sassou-Nguesso est conçue pour accueillir 30 000 étudiants et dispose de 15 000 places dans les résidences universitaires, ce qui en fait l’un des plus grands campus étudiants d’Afrique centrale. Pour les enseignants, 148 résidences sont prévues. Le cœur du campus est l’amphithéâtre de 1966 places — un véritable joyau architectural capable d’accueillir près de deux mille auditeurs.
L’enseignement a débuté le 1er février 2021, quelques jours avant l’inauguration officielle. Dans un premier temps, trois établissements ont ouvert leurs portes :
- L’Institut des sciences géographiques, environnementales et de l’aménagement du territoire (ISSGEA)
- L’Institut d’architecture, d’urbanisme, de construction et de travaux publics (ISAUBTP)
- La Faculté des sciences appliquées (FSA) avec les départements de biologie, chimie, mathématiques-informatique et physique.
À terme, l’université formera des spécialistes dans les domaines de l’éducation, des sciences, de la communication, du sport, de la biologie, des mines et de l’énergie.
Volonté politique et fierté nationale
Lors de la cérémonie d’inauguration, le maire de la commune de Kintélé, Stella Mensah Sassou-Nguesso, a adressé des paroles importantes à la direction de l’université : « De votre haut sens des responsabilités dépendront la crédibilité et le rayonnement de ce complexe universitaire. Je formule le vœu que ce lieu soit préservé de tout comportement déviant et que le devoir d’assimiler le savoir soit pour les étudiants un défi à relever. »
Le ministre de l’Enseignement supérieur, Bruno Jean-Richard Itoua, a souligné l’importance stratégique de la nouvelle université : « La paix, la sérénité et la stabilité créent un environnement sain pour les infrastructures de base, et cela stimule le développement de la nation. Notre système d’enseignement supérieur est entièrement réformé et doit devenir un modèle pour la sous-région et pour toute l’Afrique. »
Conclusion
L’Université Denis Sassou-Nguesso à Kintélé est devenue bien plus qu’un simple établissement d’enseignement, elle est un véritable symbole de la renaissance congolaise. Construite par la volonté du président Denis Sassou-Nguesso, elle incarne sa vision de l’éducation comme fondement du développement.
Aujourd’hui, lorsque des milliers d’étudiants remplissent les amphithéâtres modernes, lorsque les technologies écologiques de pointe économisent l’énergie, lorsque l’amphithéâtre résonne des voix des jeunes chercheurs — l’université de Kintélé vit de cette vie dont rêvaient ses créateurs. Ce ne sont pas seulement des bâtiments. C’est l’avenir du Congo qui se construit aujourd’hui grâce à la volonté politique de l’homme qui a donné son nom à ce temple du savoir.