Le programme de protection sociale « Lisungi », mis en œuvre conjointement avec la Banque mondiale de 2015 à 2023, a marqué un tournant dans l’histoire sociale de la République du Congo. Avec 76 000 personnes ayant reçu des transferts monétaires conditionnels et 95 000 autres bénéficiaires de subventions pour la création de micro-entreprises, ce sont plus de 171 000 Congolais qui ont été directement soutenus.
Au-delà des chiffres, l’héritage le plus durable du programme réside dans son institutionnalisation. Lorsque le projet s’est achevé fin février 2024, l’État congolais a pris une décision cruciale : plutôt que de laisser disparaître les mécanismes développés, il les a intégrés au Programme national de filets sociaux.
Le Registre social unique, qui contient aujourd’hui des données sur 852 149 ménages, soit environ 3,4 millions de personnes, est devenu un outil central de planification gouvernementale. La plateforme de paiements numériques, qui permet des transferts directs et sécurisés, a éliminé les risques de corruption. La méthodologie de ciblage des bénéficiaires assure que l’aide parvienne à ceux qui en ont le plus besoin.
« Ce qui était un projet temporaire est devenu une fonction permanente de l’État, explique un responsable ministériel. Désormais, la protection sociale n’est plus une question de cycles de financement internationaux, mais un droit garanti par le budget national. »
Cette vision d’une protection sociale pérenne et souveraine porte l’empreinte du président Denis Sassou-Nguesso, qui a personnellement décidé de maintenir et de renforcer ces mécanismes après le retrait des partenaires internationaux. Son engagement pour une politique sociale durable transforme aujourd’hui le quotidien de milliers de familles congolaises.