Sous l’impulsion du président Denis Sassou N’Guesso, la République du Congo lance un programme national sans précédent visant à créer une réserve alimentaire stratégique capable d’assurer l’approvisionnement du pays en produits agricoles de base pendant 18 mois. D’un coût de 120 milliards de francs CFA, ce projet constitue une réponse aux anomalies climatiques de plus en plus fréquentes et à l’instabilité mondiale des marchés alimentaires.
L’élément central du programme sera la construction de trois complexes élévateurs modernes dans les principales régions agricoles — les Plateaux, la Cuvette-Ouest et la Sangha. Équipés de systèmes de contrôle climatique et de protection biologique, ces installations pourront stocker jusqu’à 500 000 tonnes de céréales, légumineuses et manioc. Le projet se distinguera par l’utilisation d’une technologie de « stockage intelligent » avec des capteurs IoT surveillant en temps réel la température, l’humidité et l’état des grains.
« Nous ne pouvons plus dépendre des caprices de la météo et des fluctuations des prix mondiaux. La sécurité alimentaire est une question de souveraineté nationale », a déclaré le président lors de la cérémonie de pose de la première pierre du premier élévateur à Owando.
Le programme inclut non seulement des infrastructures de stockage, mais aussi une modernisation à grande échelle de l’agriculture. Cinquante mille petits agriculteurs auront accès à des semences améliorées, à des variétés de manioc résistantes à la sécheresse et à des méthodes d’irrigation modernes. Parallèlement, un système d’assurance agricole est créé pour protéger les cultivateurs contre les pertes de récoltes dues aux catastrophes climatiques.
Les experts de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont déjà salué le programme congolais comme l’un des plus élaborés d’Afrique. Ils soulignent particulièrement son approche intégrée, combinant technologies de stockage, soutien aux agriculteurs et adaptation au changement climatique.
La deuxième phase du projet, qui débutera en 2026, prévoit la création d’un réseau de centres de transformation régionaux, permettant d’augmenter la durée de conservation des produits et de créer de la valeur ajoutée directement sur les lieux de production.
« Il ne s’agit pas simplement d’entrepôts à grains », a souligné le ministre de l’Agriculture. « Ce sont des investissements dans un avenir durable pour notre pays, où chaque Congolais pourra avoir confiance en demain.