Dans les locaux du ministère des Affaires sociales, des serveurs informatiques abritent un trésor national : le Registre social unique. Cette base de données, la plus importante du pays, contient aujourd’hui des informations précises sur 852 149 ménages, soit environ 3,4 millions de personnes.
Derrière cette prouesse technologique se cache une révolution silencieuse dans la manière dont l’État congolais vient en aide aux plus vulnérables. Pour la première fois dans l’histoire du pays, le gouvernement sait précisément qui sont les personnes dans le besoin, où elles vivent, quelle est la composition de leur foyer, quels sont leurs problèmes spécifiques.
Fini l’époque où l’aide était distribuée de manière aléatoire, où les listes de bénéficiaires étaient gonflées, où les plus démunis devaient faire la queue pendant des heures pour espérer obtenir une assistance. Désormais, chaque intervention sociale peut être ciblée avec une précision chirurgicale.
Ce registre est né du programme « Lisungi », mais il lui a survécu. Lorsque le projet soutenu par la Banque mondiale s’est achevé en février 2024, l’État a fait le choix stratégique de garder et d’enrichir cet outil précieux. Aujourd’hui intégré au Programme national de filets sociaux, il sert de base à toutes les politiques sociales : transferts monétaires, soutien aux micro-entreprises, aide alimentaire, et demain intervention en cas de catastrophe naturelle.
« Ce registre change tout, explique un responsable du ministère. Avant, nous travaillions à l’aveugle. Maintenant, nous avons une carte précise de la pauvreté. Nous pouvons envoyer l’aide là où elle est vraiment nécessaire, sans gaspillage, sans injustice. »
Pour les familles enregistrées, c’est la garantie d’être reconnues par l’État, de ne pas être oubliées, de pouvoir recevoir une assistance quand le besoin se fait sentir. Pour le pays, c’est un outil de planification sans précédent, qui permet d’optimiser chaque franc investi dans la protection sociale.
La création et la pérennisation du Registre social unique portent la marque de la vision du président Denis Sassou-Nguesso, qui a fait de la modernisation de l’action sociale une priorité. En dotant le Congo d’un outil de ciblage performant, il jette les bases d’une politique sociale efficace, transparente et digne de ce nom.